Ouverture à la concurrence : SNCF Voyageurs remporte deux lots en Provence-Alpes-Côte d’Azur
SNCF Voyageurs a remporté, vendredi 17 octobre, deux des cinq lots mis en jeu par la région. Et continue, coûte que coûte, de défendre son pré carré.
C’est une petite victoire pour SNCF Voyageurs – qui a aussi un léger goût de revanche sur son concurrent, Transdev. L’opérateur historique a remporté, vendredi 17 octobre, deux des cinq lots ferroviaires mis en jeu par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
En séance plénière, les élus régionaux ont en effet voté l’attribution de cinq lignes de Trains Express Régionaux (TER) (Zou !) à la SNCF : Marseille-Hyères, Marseille-Les Arcs, Marseille-Pertuis et, en vue des Jeux Olympiques 2030, la stratégique Marseille-Briançon-Valence.
La compagnie opèrera ces cinq lignes à partir de 2029, pour un contrat de 10 ans, estimé à 2,25 milliards d’euros – 1,8 milliard pour l’exploitation du service ferroviaire, 328 millions d’euros pour l’acquisition de 25 rames neuves, et 46 millions pour la modernisation des sites de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon.
« Quand ils se concentrent, ça marche »
Selon Renaud Muselier, qui s’est adressé à la presse à la suite de cette décision, la compagnie nationale n’était « pas battable ». « Quand ils accélèrent, quand ils se concentrent, ça marche », a tranché le président de la région – et pour cause : SNCF Voyageurs était « devant » sur quatre des cinq critères examinés par les élus.
Il s’agissait aussi, pour l’opérateur, de s’affirmer sur un territoire qui avait semblé commencer à lui échapper : en juin 2025, son concurrent, Transdev, avait commencé à opérer sur la très stratégique Nice-Marseille.
C’est donc une offre enrichie que SNCF Voyageurs a proposé à la région : 30% de trains en plus, un « accélérateur d’attractivité territoriale », selon SNCF Voyageurs. L’ouverture à la concurrence oblige la SNCF à adapter sa stratégie, au risque de perdre des tronçons : il y a quelques semaines, l’opérateur historique perdait son monopole sur les lignes de l’étoile de Caen, en Normandie, au profit de RATP Dev.
La région Sud vote la baisse de la taxe « Versement Mobilité Régional »
Le 17 octobre, la Région Sud a voté la baisse du Versement Mobilité Régional (VMR), une contribution due par les entreprises de plus de 11 salariés pour financer les transports, en ramenant le taux de 0,15% à 0,08% de la masse salariale à partir de janvier 2026. Instaurée au 1er juillet 2025, la taxe avait suscité l’opposition des organisations patronales (UPE, CPME, Medef), qui obtiennent ainsi une réduction de moitié. La Région précise qu’environ 37 M€ seront perçus entre janvier 2025 et janvier 2026, dont 10% fléchés vers les mobilités en zones rurales.
Des contreparties pour les entreprises, comme une baisse de 20% des abonnements Zou ! pour les salariés, restent proposées. S’il est pour l’instant impossible de chiffrer la perte, due à la baisse de cette taxe, pour les transports, à moyen terme, le passage à 0,08% en 2026 réduira nécessairement le rendement potentiel de la taxe : la capacité d’investir dans de nouvelles offres dépendra d’arbitrages budgétaires et de financements complémentaires – nationaux ou européens.
