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Odalys Vacances : « Nous accélérons très fortement sur la partie hôtellerie »

À la tête d’Odalys Vacances (groupe Magora) depuis le printemps dernier, Johanna Ambil détaille la stratégie de développement du groupe.

L’Echo touristique : Comment jugez-vous la saison estivale 2025 ?

Johanna Ambil : Avec un chiffre d’affaires en hausse de 10% (sur un CA annuel est d’environ 150M€, NDLR) et un taux d’occupation moyen de 85%, l’été a été très positif.

Cette performance résulte d’une progression du taux d’occupation -en hausse de 4 points par rapport à l’été 2024- et d’une hausse du prix moyen. Les séjours longs, d’une semaine ou plus, restent majoritaires, représentant plus de 80% de notre activité. Les courts séjours, en croissance à deux chiffres, sont surtout utilisés en basse saison pour optimiser le remplissage. L’ouverture de notre résidence à Mimizan a également été un vrai succès dès sa première saison.

Le court séjour, un outil stratégique que nous activons selon les périodes et les destinations

Le court séjour est une tendance forte du marché. Peut-il devenir un axe majeur pour Odalys Vacances ?

Johanna Ambil : C’est une tendance que nous observons de près. Elle est déjà bien intégrée dans notre activité hôtelière, qui se prête naturellement à des formats courts. En revanche, notre modèle de résidences de tourisme est historiquement basé sur des séjours longs, notamment en haute saison. En basse saison, les courts séjours permettent de capter une clientèle plus flexible et d’ajuster le remplissage. Ce n’est pas un axe structurant à l’échelle du groupe, mais un outil stratégique que nous activons selon les périodes et les destinations.

Quels sont vos grands axes de développement ?

Johanna Ambil : Nous faisons évoluer notre parc de résidences avec une politique active de rénovation et une volonté de montée en gamme. Nous accélérons aussi très nettement sur l’activité hôtelière, qui devient un levier important de croissance. À La Rosière, nous allons inaugurer pour Noël prochain un établissement hybride qui sera à la fois une résidence de tourisme et un hôtel.

Nous sommes également sollicités pour reprendre des hôtels en gestion pure, comme à Courchevel. Cela nous permet de répondre à d’autres types de clientèle, avec des formats plus courts et plus souples. Cela nous permet aussi d’élargir notre présence sur le territoire.

L’Ecrin Blanc d’Odalys à La Rosière doit ouvrir en décembre prochain. © Magora

Comment est structuré votre réseau ?

Johanna Ambil : Odalys repose sur un modèle hybride. Nous sommes à la fois hébergeur et revendeur. Nous comptons 210 établissements en gestion ou en commercialisation, répartis en France, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Croatie. En France, cela représente 140 résidences, dont 110 en gestion directe. Le maillage est équilibré entre la mer (48 établissements), la montagne (50), et quelques adresses à la campagne. Environ deux millions de nuitées sont enregistrées chaque année.

Y a-t-il des zones ou types d’établissements que vous cherchez à développer ?

Johanna Ambil : Nous restons très opportunistes. Nous ne fixons pas de quotas entre mer, montagne ou campagne, mais nous privilégions les projets cohérents avec notre positionnement. Ce qui prime, c’est la qualité du produit, sa rentabilité et sa pertinence pour notre clientèle. Nous renforçons également notre présence hôtelière, qui reste encore minoritaire mais que nous souhaitons développer de manière ciblée et ambitieuse.

Vous dîtes êtes très sollicités par les collectivités. Comment opérez-vous votre sélection ?

Johanna Ambil : Le groupe Magora, auquel appartient Odalys, reçoit plusieurs milliers de propositions de projets par an, tous segments confondus : tourisme, affaires, étudiants, seniors, campings. Nous opérons un tri rigoureux, car chaque implantation doit être cohérente avec notre modèle, soutenable économiquement et attractif pour la clientèle. Cette sélection est essentielle pour garantir notre équilibre opérationnel et financier.

Qu’est-ce qui fait la singularité du modèle Odalys ?

Johanna Ambil : Nous avons plus de 25 ans d’expérience dans l’hébergement géré. Nous maîtrisons toute la chaîne de valeur, du commercial à l’exploitation. Notre force réside aussi dans une distribution multicanale, à la fois directe et indirecte, via les CSE, TO, agences de voyages ou distributeurs étrangers. 

Enfin, nous sommes très attachés à notre ancrage local. Chaque ouverture s’accompagne d’un travail étroit avec les acteurs du territoire : écoles de ski, remontées mécaniques, prestataires locaux… C’est un modèle d’implantation durable, soutenu par une politique active de rénovation de nos établissements.

Même si nous ne sommes pas propriétaires des murs, nous travaillons main dans la main avec nos bailleurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, pour entretenir et moderniser les établissements. Ces plans de rénovation, souvent liés aux renouvellements de baux, sont essentiels à la satisfaction de nos clients. Nous avons par exemple rénové neuf résidences en bord de mer avant l’été dernier.

Nous allons lancer un nouveau site internet d’ici début d’année prochaine

Comment votre stratégie de distribution évolue-t-elle ?

Johanna Ambil : Historiquement, les comités d’entreprise occupent une place importante et cela reste un axe fort. Mais la clientèle directe progresse rapidement, notamment via notre site internet. Nous allons d’ailleurs lancer une nouvelle plateforme au début de l’année prochaine pour fluidifier le parcours client et renforcer la vente directe. Pour autant, nous ne cherchons pas à bouleverser l’équilibre. Les intermédiaires – agences de voyages, TO français et étrangers, OTA – conservent toute leur place dans notre stratégie de distribution. 

Quels leviers activez-vous pour améliorer l’expérience client ?

Johanna Ambil : Côté services, nous cherchons à réduire tout ce qui est irritant sur un parcours client. Le check-in en ligne permet désormais d’accéder directement à son hébergement, sans passer par la réception. Nous testons également de nouvelles solutions de paiement, comme le règlement partagé entre plusieurs voyageurs ou le paiement en post séjour. L’objectif est de répondre à des attentes de flexibilité accrues.

Vous évoquez une refonte de votre segmentation produit. Pourquoi ce chantier ?

Johanna Ambil : Notre segmentation actuelle, centrée sur les gammes classiques, prestige et club, ne reflète plus pleinement la diversité de nos offres. Nous lançons donc en 2026 une nouvelle grille de lecture, avec des niveaux clairement définis, des services associés, et une identité visuelle repensée. Il y aura également une nouvelle signalétique sur nos sites, ainsi qu’une communication plus claire pour nos hôtes. C’est un repositionnement complet de notre promesse client, qui va bien au-delà d’un simple rebranding.

D’ici 2028, nous aurons plus de 3 200 lits supplémentaires

Quels sont vos projets à moyen terme ?

Johanna Ambil : D’ici 2028, nous avons sept ouvertures programmées, ce qui représente plus de 3 200 lits supplémentaires. À la montagne, cela concerne une résidence et un hôtel à La Rosière dès décembre 2025, une résidence aux Orres pour l’hiver 2026, une résidence et un hôtel aux 2 Alpes en 2027, et une résidence à Risoul en 2028. À la mer, nous ouvrirons un hôtel à Saint-Trojan-les-Bains au printemps 2027, une résidence à Paimpol en avril 2028 et une autre à Cancale en fin d’année.

Oui, l’ADN d’Odalys reste ancré dans la résidence de tourisme. Mais comme je l’ai dit nous accélérons très fortement sur la partie hôtellerie, où nous sommes de plus en plus sollicités. De nombreux projets d’hôtels nous sont proposés.

Pour conclure, comment se présente la saison hivernale ?

Johanna Ambil : Les indicateurs sont très positifs. Les vacances de la Toussaint enregistrent déjà une progression de 15% par rapport à 2024. Il reste encore des prises de commande à venir. Il faudra voir où l’on atterrit, mais c’est un démarrage encourageant.

Pour Noël et les vacances de février, certaines semaines sont d’ores et déjà complètes, notamment celle du 27 décembre. Il y a une forte anticipation des réservations, plus marquée encore que sur la saison estivale. Ce phénomène d’early booking montre que les clients ont besoin de sécuriser leur séjour bien en amont. Nous restons prudemment optimistes, mais la dynamique est très encourageante.

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