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Crash du vol Rio-Paris : seize ans après, le procès en appel s’ouvre

L’accident le plus meurtrier de l’histoire d’Air France revient devant la justice ce lundi 29 septembre, lors d’un procès en appel.

Seize ans après l’accident du vol AF447 Rio-Paris, qui a coûté la vie à 228 personnes, le procès en appel d’Air France et d’Airbus s’ouvre ce lundi 29 septembre devant la cour d’appel de Paris. Les deux entreprises, relaxées en première instance, comparaissent à nouveau pour répondre de possibles homicides involontaires.

Le 1er juin 2009, l’Airbus A330 reliant Rio de Janeiro à Paris s’était abîmé dans l’Atlantique, après avoir disparu en pleine nuit dans une zone de turbulences au large du Brésil. À bord de l’appareil immatriculé F-GZCP se trouvaient 216 passagers et 12 membres d’équipage, de 33 nationalités différentes, dont 72 Français. L’accident reste le plus meurtrier de l’histoire de la compagnie nationale française.

Relaxés en première instance

En avril 2023, après deux mois d’audience, le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé la relaxe pénale d’Airbus et Air France. Les juges avaient conclu qu’aucun lien de causalité certain ne pouvait être établi entre les fautes pointées – formation insuffisante des pilotes ou sous-estimation des risques liés aux sondes Pitot – et le crash. Le tribunal avait toutefois reconnu leur responsabilité civile, ouvrant droit à indemnisation pour les familles.

Le parquet avait lui-même requis la relaxe. Mais le parquet général a par la suite décidé de faire appel, estimant nécessaire de soumettre ce dossier d’ampleur à un second degré de juridiction. Sur les 489 parties civiles constituées lors du premier procès, 281 se sont jointes à l’appel.

Givrage des sondes Pitot au cœur de l’affaire

Les boîtes noires, repêchées deux ans après la catastrophe, avaient confirmé le scénario : le givrage des sondes de mesure de vitesse, combiné à une réaction inadaptée de l’équipage, a conduit l’appareil à décrocher avant de s’écraser en mer quatre minutes plus tard.

La justice reproche à Air France de ne pas avoir suffisamment formé ses pilotes à ces situations, et à Airbus d’avoir tardé à alerter sur la gravité de la défaillance. De leur côté, les deux groupes contestent toute faute pénale. Dans un communiqué, la compagnie aérienne affirme qu’elle « continuera à démontrer (…) qu’Air France n’a pas commis de faute pénale à l’origine de cet accident ». Airbus, de son côté, assure vouloir « apporter sa pleine contribution pour éclairer la compréhension de ce tragique accident ».

Deux mois d’audience prévus

Le procès en appel devrait durer jusqu’au 27 novembre. Le premier mois sera consacré à l’audition de témoins et d’experts, avant l’interrogatoire des représentants d’Airbus et d’Air France attendu fin octobre. Les deux entreprises risquent des amendes allant jusqu’à 225 000 euros.

Pour les familles endeuillées, l’enjeu est avant tout symbolique. Certaines espèrent encore que la justice « reconnaisse clairement les responsabilités et rende enfin justice », quand d’autres, après des années de procédures, ont choisi de se retirer.

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