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Nicolas Brumelot tape sur les comparateurs

Pour le président de MisterFly, les comparateurs trompent le voyageur, et n'offrent pas de valeur ajoutée. Même si son entreprise devrait, à terme, les intégrer.

Le président de MisterFlyer défend haut et fort les avantages du distributeur de vols secs. Et critique ouvertement les metasearch.

"Les comparateurs sont tout sauf des ONG, a-t-il souligné lors de la conférence Next tourisme 2015. Il s’agit de sociétés à but extrêmement lucratif. Vis-à-vis du consommateur, c’est un outil plutôt trompeur, avec des méthodes de comparaison non homogènes. Les comparateurs de prix ne sont pas toujours basés en France, et comparent des choses qui ne sont pas comparables. Des moyens de paiement sont quasiment gratuits, mais peu diffusés en France", par exemple.

Le comparateur n'offrirait "aucune valeur ajoutée"

Nicolas Brumelot en a profité pour positionner MisterFly, ce spécialiste en ligne du vol sec qui travaillera, comme Go Voyages à ses débuts, en BtoB : "Dans notre nouvelle entreprise, nous allons essayer de militer pour la transparence. Il faut mettre le client au centre des préoccupations, ce qui n’est pas le cas des comparateurs : leurs clients, ce sont ceux qui acceptent de payer pour être comparés. Il n’y a pas d’exhaustivité des catalogues. Le comparateur de prix ne remplit qu’un rôle d’intermédiaire, et reroute vers les marchands qui traitent les besoins du client. Il n’a aucune valeur ajoutée dans la chaîne de valeur du consommateur. Il est temps maintenant d’expliquer au client pourquoi il a intérêt à aller sur des sites qui fournissent l’intégralité des contenus aériens, et un service vis-à-vis des fournisseurs et des clients".

"Quand on se cache de son client, c’est qu’on a peur de lui"

Toujours lors de la conférence Next Tourisme, Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), a apporté une précision importante : "La règlementation sur les comparateurs sera renforcée. Un décret devrait être sortir d’ici l’été". De nouvelles normes seront ainsi appliquées en matière de transparence tarifaire, mais elles resteront toujours difficiles à faire respecter par des acteurs basés à l'étranger.

Nicolas Brumelot s’en est aussi pris aux grandes agences en ligne. Il a notamment évoqué les groupes comme Bravofly et Odigeo, cotés en Bourse, qui réduisent le coût de traitement du client "en dégradant le service". "Cette entreprise que j’ai dirigée, cherchez son adresse dans Paris, il vous faudra un certain temps de navigation avant de la trouver ! Quand on se cache de son client, c’est qu’on a peur de lui. D’où le retour des clients vers les agences de voyages." Les distributeurs qui offrent service et proximité ont donc de l’avenir à ses yeux. Le BtoB sera sans surprise le premier relais de MisterFly. Une stratégie BtoC coûterait trop cher à une entreprise en phase de démarrage, alors que les achats de mots-clés subissent une forte inflation. Mais le site compte, dans un deuxième temps, développer le BtoC, à l’image de la marque à la grenouille. "Sur le BtoC, on a quelques projets qui nous permettront de développer un modèle non Google-dépendant, le temps de construire une image". MisterFly ira d'ailleurs toquer à la porte de metasearch comme Liligo, nous a confié son président.

Un travail de pédagogie s'impose

La frontière entre agence en ligne et comparateur s’estompe. Le consommateur confond allègrement les deux. Nicolas Brumelot et Jean-Pierre Nadir, président du site d’infomédiation Easyvoyage, partagent au moins la volonté commune de clarifier les métiers, en effectuant un travail pédagogique auprès des internautes.

Selon Jean-Pierre Nadir, le cyber-voyageur aurait notamment intérêt à connaître les liens capitalistiques de plusieurs comparateurs avec des groupes spécialisés dans la distribution de voyages en ligne, qui se défendent d'effectuer du favoritisme entre leurs compagnies soeurs. Pour mémoire, Kayak appartient à Priceline/Booking. Jetcost à Bravofly/Lastminute.com. Et Liligo à eDreams Odigeo bien sûr.

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