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MyFerryLink : vers une nouvelle interdiction d’opérer à Douvres ?

Comme en juin 2013, l'autorité britannique de la concurrence a renouvelé ce mardi, dans une décision provisoire, l'interdiction faite à la compagnie française d’exploiter ses ferries depuis le port anglais de Douvres.

Le vent menace à nouveau de tourner pour MyFerryLink. Ce mardi, l'Autorité de la concurrence et des marchés du Royaume-Uni (CMA) "a confirmé de manière provisoire une décision préalable […] interdisant à Eurotunnel d'opérer un service de ferries depuis Douvres", selon un avis mis en ligne sur son site. Une position qui vise directement les activités de MyFerryLink, dont les trois navires appartiennent au groupe Eurotunnel.

La CMA va maintenant prendre en compte les observations des diverses parties prenantes avant de rendre son avis définitif "le mois prochain". Si elle confirme sa décision, MyFerryLink devra mettre un terme à sa desserte de Douvres, principal point d'entrée du trafic transmanche en Grande-Bretagne, dans les six mois. Une interdiction qui pourrait signer son arrêt de mort.

Trois compagnies maritimes en lutte sur la ligne Calais-Douvres

Pour l'heure, la CMA estime que, "si Eurotunnel était autorisé à continuer ses services de ferry depuis Douvres, un concurrent devrait probablement se retirer (de la ligne) Douvres-Calais". Actuellement, les trois compagnies qui opèrent sur cette route (MyFerryLink, DFDS et P&O Ferries) sont engagées dans une bataille tarifaire qui met leurs finances à rude épreuve.

En cas de retrait de l’une des compagnies concurrentes, Eurotunnel contrôlerait donc à la fois la liaison ferroviaire via le tunnel sous la Manche (dont il est le gestionnaire) et l'un des deux services de ferries actifs, fait valoir la CMA.

Dans un communiqué séparé, le groupe Eurotunnel a estimé que la décision préliminaire du CMA était basée "sur une analyse erronée quant aux évolutions significatives du marché des ferrys depuis 2012". Il a notamment relevé que le marché avait progressé de 12% (et non de 2% comme anticipé par la CMA) depuis cette date et que les trois opérateurs initiaux étaient toujours présents sur cette desserte.

Selon Londres, Eurotunnel risque de contrôler plus de 50% du marché transmanche

La CMA a aussi rejeté, là encore de manière provisoire, une solution consistant à laisser la coopérative de salariés (SCOP) de MyFerryLink opérer seule la liaison, indépendamment d'Eurotunnel. Une telle solution impliquerait que la SCOP puisse avoir accès à des financements nouveaux "substantiels" et une telle alternative présente "trop d'incertitudes et de délais pour représenter une solution efficace", souligne l'autorité britannique.

En juin 2013, le gendarme anglais de la concurrence avait décidé d'interdire l'exploitation au départ du port britannique de Douvres des ferries de MyFerryLink car elle estimait qu'en cumulant un service de ferries avec la gestion du tunnel sous la Manche, Eurotunnel pourrait s'emparer de "plus de la moitié" du marché des liaisons transmanche, et ainsi faire grimper les prix. Mais cette décision avait été cassée en décembre par le tribunal d'appel de la concurrence britannique.

L'Etat français promet de tout faire pour protéger MyFerryLink

Dans un communiqué, Frédéric Cuvillier, le secrétaire d’Etat aux Transports a rappelé que l’Autorité de la concurrence française a de son côté validé, en novembre 2012, l’acquisition par Eurotunnel des trois navires exploités par MyFerryLink.

"Un travail interministériel va à présent s'engager" entre la France et le Royaume-Uni, indique le ministre. Le gouvernement français, promet-il, "fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir les conditions d'une concurrence loyale sur la Manche et défendre l'emploi des 533 marins et sédentaires français et quelque 70 Britanniques employés par […] MyFerryLink."

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