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Maghreb : l’événement de trop

Avec l'attentat de la place Jemaa El Fna à Marrakech, c'est encore une destination majeure qui est frappée. Le secteur, de plus en plus groggy, compte les coups mais fait front.

Un attentat au Maroc, c'est la mauvaise nouvelle que tout le secteur touristique redoutait, un coup dur de plus après la succession d'événements qui se sont succédé sans aucun répit depuis le début de l'année. La Tunisie en janvier, l'Égypte en février, le Japon en mars et maintenant le Maroc sur fond de conflit larvé en Libye… Le drame de la place Jemaa El Fna, qui a fait selon le dernier bilan officiel 16 morts, dont 8 Français, et 22 blessés, frappe une nouvelle fois au coeur une destination majeure, sans qu'on puisse pour l'instant en mesurer les conséquences. En 2010, les voyagistes membres de l'Association de tour-opérateurs – Ceto ont vendu 455 336 forfaits à destination du Maroc (+1 %), ce qui en fait leur deuxième axe touristique derrière la Tunisie (601 193 forfaits).

Depuis les révolutions tunisienne et égyptienne, le royaume chérifien, également théâtre de soubresauts politiques avec des manifestations pour la démocratie, accusait déjà un peu le coup. « Les réservations sur les trois derniers mois sont en recul de 22 % », remarque Nadir Ben Kiran, directeur du spécialiste Mille Lieux. « En cumulé, depuis le 1er octobre, le Maroc est à – 17 %, quand la Tunisie est encore à la moitié de ses performances mais regagne petit à petit du terrain », constate-t-on chez Fram, satisfait de ses taux de remplissages pour les vacances scolaires, toutefois encouragés par des promotions. Les voyagistes voulaient croire à la reprise du Maghreb sur fond de relance de la Tunisie accompagnée par une campagne de promotion internationale dévoilée cette semaine. Mais l'attentat de Marrakech risque de différer cet espoir. En début de semaine, voyagistes et réseaux d'agences disaient pourtant ne pas subir d'annulations massives vers le Maroc, alors que c'est encore la haute saison pour la destination et une période de vacances scolaires. Avec ses départs quotidiens, Marmara a en ce moment quelque 3 000 clients par semaine à Marrakech. Fram en annonce 1 500.

 

BAISSE POSSIBLE DES RÉSERVATION

 

Pour endiguer les velléités d'annulations, la position du Ceto est volontairement très ferme. Le Quai d'Orsay ne déconseillant pas formellement la destination et se contentant de recommander la plus grande prudence, les voyagistes ont décidé de maintenir les départs. « Les hôtels sont sécurisés et Marrakech très calme. C'est un acte isolé, pas un problème de société », analyse Nadir Ben Kiran. Les conditions générales de vente s'appliquent donc en cas d'annulation, sauf à avoir souscrit une assurance prévoyant une garantie attentat (lire ci-contre). Mais si les annulations sont contenues, la baisse des réservations risque en revanche d'être importante durant les prochaines semaines. Chez AS Voyages, par exemple, les animateurs réseaux font déjà remonter un très net recul des prises de commande. « Heureusement, les individuels oublient vite et se sont habitués aux attentats. Tout peut repartir très vite, dès septembre », remarque Nadir Ben Kiran.

Reste à savoir si les groupes adopteront la même attitude. La fin de la haute saison, en mai et juin, était bien remplie grâce à eux chez nombre de tour-opérateurs. « Mais ça n'a pas bougé pour l'instant », confie René Thibaut, le directeur commercial de Marmara. Et de confirmer qu'aucune réduction des stocks n'est à l'ordre du jour.

 

Xoxoox L'attentat de Marrakech risque de différer l'espoir d'une reprise touristique au Maghreb

Les assureurs prennent en charge les frais d'annulation d'un voyage s'il doit avoir lieu dans les jours qui suivent un attentat

 

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