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Locations de vacances : Google accusé de concurrence déloyale

Expedia, TripAdvisor… 34 entreprises et fédérations d’entreprises touristiques ont adressé une lettre à la Commission européenne, accusant Google d’abuser de sa position dominante dans la recherche en ligne afin de favoriser sa propre entreprise.

Ils sont nombreux à avoir apposé leur signature au bas de cette lettre. Lundi, 34 entreprises du tourisme et six fédérations d’entreprises touristiques ont adressé un courrier à la Commission européenne pour alerter sur leur situation vis-à-vis de Google. Parmi les signataires, on retrouve notamment de grandes plates-formes comme Expedia et TripAdvisor, mais aussi HomeToGo ou eDreams. Dans leur viseur, donc, Google, à nouveau accusé de concurrence déloyale.

Selon ses détracteurs, parmi lesquels ne figurent pas certaines plates-formes incontournables comme Airbnb ou HomeAway, l’entreprise américaine abuserait en effet de sa position dominante dans la recherche en ligne – dans ce cas précis, pour la recherche de locations de vacances – afin de favoriser son propre service, au détriment de ses rivaux. « Nous assistons actuellement à une tentative, de la part de Google, d’étendre sa domination dans la recherche en ligne pour les locations de vacances », écrivent les entreprises dans cette lettre. Une stratégie “visant à nous réduire, nous et notre industrie, à de simples fournisseurs de contenu pour le “One Stop Shop” (en clair, la possibilité d’effectuer tous ses achats au même endroit, Ndlr)” développé par Google, écrivent-ils dans cette lettre que nous avons consultée. « Un classement et un affichage aussi favorables assurent au service de Google plus d’attention et de clics de la part des utilisateurs que n’importe quel service concurrent, même si ceux-ci sont plus pertinents pour la requête de recherche de l’utilisateur », poursuivent-ils.

Déjà 8,2 milliards d’euros d’amende

Cette lettre a été adressée à la très puissante Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, qui a déjà infligé de lourdes amende à la firme américaine. La Commission européenne a confirmé la réception de cette lettre, mais s’est refusée à tout commentaire. Quant à Google, également interrogé par l’AFP sur cette lettre, il a simplement répondu par courriel « être en train de tester un nouveau format de présentation de recherches en ligne ».

Un second document lu par l’AFP fait état d’une plainte de 67 pages sur ce sujet adressée à la Commission européenne en mars 2019 par une firme basée en Allemagne, dont le nom a été masqué.

Reste à voir quelles seront les suites données à cette démarche. Le dépôt d’une plainte n’oblige en effet en rien la Commission à ouvrir une enquête. 

 « La lettre (de lundi) montre à tous les décideurs – Commission européenne, Cour de justice européenne, législateurs nationaux – combien il est important pour l’économie du numérique de trancher sur la question de favoriser ou pas ses propres services », a déclaré à l’AFP l’avocat allemand Thomas Höppner.

Ce dernier représente non seulement deux plaignants dans le cas de Google Shopping mais aussi la firme qui a porté plainte dans le cas des sites de locations de vacances. « Les services de comparateurs de prix n’étaient que les premières victimes », a-t-il dit, soulignant que « d’autres industries souffrent également de ce comportement (les plates-formes touristiques, celles qui offrent des emplois ou les sites proposant des vols). Ainsi, des concurrents ont déjà accusé Google d’accorder un traitement préférentiel à nombre de ses services, notamment les recherches d’achats, de vols, d’hôtels ou d’emploi.

L’UE a déjà infligé 8,2 milliards d’euros d’amende au total pour avoir illégalement mis en avant ses propres services au détriment de ceux d’autres entreprises.

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