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Les touristes boudent la Birmanie

 » La crise des Rohingyas donne un violent coup d’arrêt au tourisme dans le pays, en plein développement depuis quelques a

Les annulations s’enchaînent sur la Birmanie, et les réservations sont au plus bas pour la fin d’année, alors que débute la haute saison touristique. La crise des Rohingyas semble doucher les ambitions touristiques du pays, qui s’est ouvert au tourisme et a développé le secteur en un temps record, après être restée fermée au monde pendant plus de cinquante ans.

De quelques milliers à l’époque de la junte, le nombre de touristes a bondi à près d’un million en 2015. Longtemps desservi par deux uniques avions en provenance de Bangkok, le pays accueille désormais une centaine de vols internationaux par jour. Encore récemment, le gouvernement tablait sur 7,5 millions de touristes d’ici à 2020, deux fois plus qu’actuellement. En début d’année, le ministère du Tourisme annonçait une hausse de 22% par rapport à l’an passé.

Mais fin août, le pays est entré dans une terrible crise politique. Après des attaques de la rébellion rohingya, une minorité musulmane, l'armée a lancé une campagne de répression, qui a entraîné la fuite de plus 580 000 civils rohingyas au Bangladesh. Les images de leur fuite, celles des villages brûlés ont fait le tour du monde, entraînant des annulations en cascade. 

Des conséquences économiques immédiates

"Quasiment tous les voyages prévus pour le mois d'octobre et novembre ont été annulés à cause de l'instabilité dans le pays, de la situation en Etat Rakhine", se désole Tun Tun Naing, directeur de l'agence New Fantastic Asia Travels and Tour. "La plupart des groupes du Japon, d'Australie et d'autres pays asiatiques évoquent des raisons de sécurité et certains Européens ont clairement dit qu'ils boycottaient à cause de la situation humanitaire", ajoute-t-il.

Le gouvernement s’inquiète aussi des conséquences de la crise des Rohingya sur le tourisme, et a annoncé la formation d’un comité en charge de la question des touristes internationaux. Dans certains sites touristiques, les conséquences économiques ont été immédiates. Ainsi à Mrauk-U, site archéologique majeur se trouvant à quelques dizaines de kilomètres de la zone que fuient les Rohingyas, les gens vivant du tourisme ne travaillent plus, indique un guide. 

Un site que le Quai d'Orsay recommande d'éviter sur sa page Conseils aux voyageurs. "Dans ce contexte, il est conseillé d’éviter de se rendre dans le centre de l’État Rakhine (Arakan), y compris dans la ville de Sittwe et sur le site archéologique de Mrauk-U, jusqu’à ce que la situation soit stabilisée", rappelant que "La situation sécuritaire n’a pas évolué dans le reste du pays, notamment dans les principales zones touristiques. Les recommandations et précautions d’usage, qui figurent dans l’onglet sécurité, sont toujours valables." 

La zone du nord de l’État Rakhine (Arakan), près de la frontière avec le Bangladesh est quant à elle formellement déconseillée aux voyageurs.

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