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Les TO solides sur leurs bases… et leurs revendications

En marge du MAP, le Ceto a présenté des ratios 2008 des TO qui montrent une structure financière saine, obtenue au prix d’une sérieuse chasse aux coûts. Mais si la crise s’éternise, les questions autour de la trésorerie vont devenir des enjeux vitaux.

Le président du Ceto, René-Marc Chikli, est formel : « Au rythme actuel, les premiers warnings sur la santé financière des tour-opérateurs français vont s’allumer dès les mois de mai-juin. » C’est d’autant plus « inquiétant » que « les TO sacrifient actuellement leur marge avec des promos catastrophiques, alors qu’ils devraient la consolider en jouant sur les services », poursuit-il. Cette ligne vertueuse, les TO se sont pourtant attachés à la suivre l’an dernier, selon l’étude réalisée par le cabinet KPMG sur les ratios d’exploitation et financiers présentés au MAP. Même si la crise ne se fait sentir qu’à la fin des exercices des entreprises, l’étude montre que la course à la croissance fait peu à peu place à une gestion « de bon père de famille », selon René-Marc Chikli. Les TO ont ainsi pu doubler le taux de leur résultat d’exploitation, passant de 1,2 % du chiffre d’affaires (CA) en 2007 à 2,4 % l’an dernier, sans que le marché soit particulièrement dynamique. Cette amélioration n’est pas due à la hausse significative du CA des TO de 11,9 % enregistrée l’an dernier, les coûts d’achats, et notamment le pétrole, ayant progressé encore plus vite pour éroder la marge brute de 0,2 %. Le doublement du résultat d’exploitation a en fait pu être possible grâce aux gains de productivité, acquis notamment sur les coûts de structure des TO. Ceux-ci diminuent en effet de 1,2 point en un an. Tous les postes ont été concernés par la baisse, selon l’étude, à commencer par la masse salariale, rapportée au CA réalisé. Ce ratio passe de 5,3 % à 4,9 % : « Il ne faut pas forcément lire ce chiffre comme une baisse d’effectif, ni une baisse des salaires », rassurent les professionnels. « Il indique une croissance du CA plus forte que celle de la masse salariale. » En clair, chaque employé devient plus productif, même s’il coûte aux TO 42 471 E par an en 2008, contre 42 144 E l’an dernier. Quant à l’augmentation des salaires, elle n’a, somme toute, pas dépassé les 1 %. Travaillez plus, pour gagner plus, qu’il disait…

ORTHODOXIE FINANCIÈRE CHEZ LES VOYAGISTES

Les voyagistes ont également cherché à ergoter sur leurs coûts de distribution. Mais là, c’est bien plus difficile. Ils n’ont trouvé que 0,3 point de mauvaise graisse à enlever, passant de 9,3 % en 2007 à 9 % l’an dernier. Hors contributeurs atypiques, le panel a versé, sur-com comprises, l’équivalent de 12 % de son CA aux agences externes en 2008, contre 12,5 % en 2007, soit une baisse de 0,5 %. Si le périmètre s’agrandit aux contributeurs atypiques, alors le rabiot sur les commissions devient plus flatteur pour les TO chasseurs de coûts avec une économie de 0,9 % (11,4 % en 2007 contre 10,5 % en 2008). En revanche, la montée en flèche des frais de fonctionnement des agences en propre vient contrecarrer les efforts réalisés sur les commissions. La hausse des loyers et des frais de personnel ont ainsi rogné les baisses de commissions consenties aux TO. Les voyagistes sont bien entrés dans une période d’orthodoxie financière, poussés par la volonté de sécuriser leur trésorerie, fut-ce au prix d’un renoncement à chercher plus de CA. Le syndrome de l’affaire Wasteels n’a pas disparu, au contraire. « Il nous faut garantir la rentrée d’argent, quitte à demander plus de garanties », glisse le président du Ceto. Sous fortes contraintes, les TO ont donc mis la pression sur les agences, particulièrement les petits réseaux et les agences indépendantes, mais n’hésiteront pas à s’attaquer à plus gros. « Nos délais de paiement vont peut-être se réduire encore par une négociation intelligente de TO à distributeurs », menace René-Marc Chikli. L’étude montre que beaucoup de travail en ce sens a déjà été accompli. Ainsi, les délais moyens de paiement sont-ils passés de 35 à 30 jours en un an. Les TO qui réalisent plus de 50 % de leur CA par distribution externe ont même gagné dix jours (de 47 à 37 jours). Toutefois, KPMG souligne que, pour certains TO, le risque de « recouvrabilité des créances de la part des agences de voyages est devenu un risque important, qui est vraisemblablement maîtrisé par une exigence toujours accrue et de plus en plus fréquente de réclamer des paiements avant départ ».

Une révolution ? De telles précautions tendraient à prouver que les TO sont bien fragilisés par leur environnement. C’est à nuancer fortement. Nonobstant la crise, « la situation financière des TO français est saine », souligne Lydwine Alexandre, senior manager de KPMG. Bien plus que par un repli de la demande, qu’ils peuvent réguler dans une certaine mesure, les TO sont davantage fragilisés par le fait que leur trésorerie est dans les mains des agences. Le président du Ceto ne dit pas autre chose quand il déclare qu’« il y a un début de risque à partir de septembre, à cause du flou de plus en plus grand sur leur trésorerie ». Et le risque, les TO n’en veulent plus.

« Nos délais de paiement vont peut-être se réduire encore par une négociation intelligente de TO à distributeurs »

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