Le tourisme d’affaires n’est pas encore passé au vert
Une étude présentée lors de l’IFTM-Top Resa montre les efforts restant à réaliser pour adopter une démarche de développement durable.
La voie verte dans le tourisme d’affaires est longue à tracer. Pleins de bonne volonté, les décideurs ont encore quelques difficultés à passer de la théorie à la pratique. La faute à la crise, peut-être, mais pas uniquement, comme en témoignent les résultats d’une étude réalisée auprès de 152 professionnels impliqués dans le tourisme d’affaires par Voyages d’Affaires en partenariat avec le Suisse Convention Bureau, présentés à l’occasion de l’IFTM-Top Resa. Le développement durable est encore perçu comme une contrainte, financière, opérationnelle, voire humaine. Pourtant, nombreux sont les outils mis en place pour faciliter le passage au green. L’ANAé (Association nationale des agences d’événements), militante de la première heure, a créé une batterie d’ustensiles pour guider les organisateurs d’événements sur la route du développement durable : une charte signée par ses membres, des fiches techniques présentant les bonnes pratiques à suivre pour des événements éco-conçus, ainsi que des formations en collaboration avec l’Institut de l’événement de l’ANAé ou des Enjeux et des Hommes. S’ils s’accordent à dire que la conscience environnementale s’applique à tous les niveaux, dans le secteur du tourisme d’affaires le poste des transports reste le plus polluant et peut représenter jusqu’à 20 % des émissions globales de CO2 d’une entreprise. Dans le domaine des transports aériens, les vols avec escales, très polluants, sont encore majoritairement plébiscités par les entreprises car moins chers que les vols directs. Selon Philippe Fournier, président de l’ANAé, la seule solution pour sensibiliser la clientèle affaires reste la proactivité : « Il faut aller de l’avant et ne pas hésiter à proposer des solutions durables, même si le client n’en fait pas la demande ».
46 % des sondés considèrent le développement durable comme vecteur d’innovation. Pour 62 % d’entre eux, c’est un investissement pour l’avenir. Mais ils sont encore près de 15 % à le voir comme une contrainte.
