Le secteur touristique suspendu aux caprices du Grimsvötn
Bis repetita. Un an après celle de l’Eyjafjöll, une nouvelle éruption volcanique fait planer un voile de cendres au dessus de l’Europe. Mais tant que les aéroports restent ouverts, compagnies aériennes et TO refusent de préparer le pire.
Même s’il tente de continuer à faire bonne figure, le monde du tourisme commence à avouer sa lassitude. Après les révolutions arabes, la guerre en Libye, le tsunami au Japon ou l’attentat de Marrakech, l’éruption du volcan islandais Grimsvötn, un an après celle de l’Eyjafjöll, est l’énième coup asséné à une profession pour laquelle 2011 ressemble de plus en plus à une année maudite. Seule vraie conséquence positive de cet enchaînement d’événements, les professionnels font désormais preuve d’une vraie maîtrise des situations de crise. Pourtant, à l’heure où nous bouclions cette édition, mardi soir, aucun TO n’avait réellement pris les devants dans l’éventualité d’une fermeture de l’espace aérien français. Tous disaient avoir évidemment mis leurs cellules de crise en alerte et suivre heure par heure l’évolution de la situation. « Mais quelles autres mesures voudriez-vous qu’on prenne ? », interrogeait Antoine Cachin, directeur général de Fram, résumant l’avis général. « On ne va pas refaire les plans de vols, alors qu’on ne sait pas ce qui va se passer ».
MODIFICATIONS SANS FRAIS CONSENTIES
Pas question, non plus, de faire preuve de souplesse commerciale à l’égard des clients inquiets. En bref, tant que les avions décollent, c’est business as usual. Mardi, seules des mesures commerciales avaient été décidées pour les voyages à destination des zones directement touchées par les conséquences de l’éruption. Ainsi, dès lundi 23 mai, Kuoni faisait savoir que suite à la fermeture de la route n°1, en Islande, rendant impossibles les autotours et circuits faisant le tour de l’île, il acceptait des reports de voyage pour les « départs les plus proches ». Idem chez Air France qui, en raison des perturbations portant sur les vols à destination de l’Écosse, indiquait mardi consentir des modifications sans frais de voyage pour tous les départs vers cette zone prévus les 24 et 25 mai. « Nous ajusterons les consignes commerciales en temps réel au fur et à mesure des fermetures et réouvertures des aéroports européens », confirmait une porte-parole de la compagnie.
Mais quid en cas d’une fermeture de l’espace aérien français, comme ce fut le cas l’an dernier ? Pour l’instant, personne ne s’aventure à donner des réponses, alors que la polémique entre le secteur touristique et les associations de consommateurs nées après l’éruption de l’Eyjafjöll n’a toujours pas été résolue. D’éventuelles annulations massives de vols au départ de France mettront en tous cas à l’épreuve les dispositifs décidés par les autorités suite à la paralysie des aéroports parisiens en décembre dernier, en raison de la neige, et qui ont pour but notamment de mieux informer et héberger les passagers.
Quant au risque de voir des touristes dans l’impossibilité de rentrer en France à l’issue de leur voyage, et en l’absence d’un « fonds de mutualisation » pour le secteur destiné à les prendre en charge et les indemniser (idée avancée par Jean-Marc Siano, ex-DG de Nouvelles Frontières, en février dernier), il est couvert par des produits d’assurance dédiés, rappellent les assureurs-assisteurs. Un an après l’Eyjafjöll, la force majeure risque bien, une nouvelle fois, de faire débat…
%%HORSTEXTE:1%%