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Le SCARA vent debout contre le CDG Express

Pour le syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA), le projet de liaison ferroviaire CDG-Express pour desservir l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, est "onéreux" et "non viable".

Jean-François Dominiak et Jean pierre Bes ne décolèrent pas. Il y a deux jours, le 5 avril, la préfecture a déclaré d’utilité publique la construction du CDG Express. Une liaison ferroviaire de 32 kilomètres directe qui reliera, fin 2023, Paris (Gare de l'Est) au terminal 2 de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle en 20 minutes.

Pour les deux représentants du Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara), "on est en train de reproduire la même erreur qu’avec le OrlyVal". De manière ironique, au moment même où l’arrêt définitif de la navette est programmé, du fait de la prolongation de la ligne 14 du métro jusqu’à l’aéroport d’Orly.

Une solution plus efficace jamais étudiée…

Pour Jean-François Dominiak et Jean pierre Bes, une solution moins coûteuse et plus efficace n’a jamais été étudiée : l’utilisation de la future ligne 17 du métro (qui sera automatique) pourrait accueillir des navettes CDG-Express sans investissement lourd supplémentaire.

Cette solution est selon eux "plus efficace tant en termes financiers qu’en termes d’utilisation, puisqu’elle permettrait de relier la ligne 14, et par là même toutes les gares, mais aussi Orly. Contrairement à CDG-Express, qui n’est relié à aucun réseau".

Un projet au coût exorbitant

Le président du syndicat et son secrétaire estiment également que les budgets prévisionnels ne prennent pas en compte des contraintes techniques onéreuses tels que l’enfouissement du passage du train Porte de la Chapelle, ou encore le souterrain piéton entre la gare de l’Est et la Gare du Nord.

"Ils annoncent un coût de 1,4 milliard d'euros, alors qu’en vérité c’est 1,694 milliards", ajoute Jean Pierre Bes.

Les moyens mis en œuvre pour rentabiliser l’infrastructure les questionnent. Car si le billet du CDG-Express est aujourd’hui fixé à 24 euros, il avoisine pour deux passagers le prix d’un déplacement en taxi (forfait à 50 € depuis Paris). Par ailleurs, la ligne 17 du métro desservira l’aéroport de Paris-CDG en moins de 30 minutes pour un tarif de l’ordre du prix d’un ticket de métro.

Une augmentation de 40% de la taxe sur les billets d’avion

Enfin, ils contestent la taxe d’1,40 euro qui sera prélevée pour chaque passager embarqué ou débarqué à Roissy. La taxe prélevée sur les billets d’avion a été brutalement augmentée de 40 %, alors que les travaux n’ont pas même encore commencé, augmentation qui représente un prélèvement annuel supplémentaire de plus de 20 millions d’euros par an.

Une compagnie a désormais tout intérêt à faire décoller ses avions depuis Orly. " L’égalité devant l’impôt n’est pas du tout respecté" appuie Pour Jean-François Dominiak.

En guise de conclusion, Jean Pierre Bes demande :" Le projet CDG-Express actuel n’apporte pas de solution efficace pour les voyageurs et fait peser un coût important sur les compagnies aériennes. À qui profite-t-il vraiment ?"