Le musée du Louvre traverse une période de fortes tensions, marquée par les conséquences du spectaculaire cambriolage du 28 octobre dernier. Auditionné mercredi 16 juin devant une commission du Sénat, son président Christophe Leribault qui a remplacé Laurence des Cars, poussée à la démission en février dernier, dresse un constat alarmant sur l’état général de l’établissement. "On peut le dire sans ambages : malgré son imposante majesté, malgré l’engagement quotidien de ses équipes, c’est un Louvre à bout de souffle", a-t-il déclaré. Il estime que les infrastructures et équipements du musée arrivent "en fin de cycle". Selon lui, l’institution fait désormais face à un véritable "mur d’investissements" pour assurer sa modernisation.
Un projet de rénovation à un milliard d'euros
"Nous sommes donc à la croisée des chemins, les urgences bâtimentaires s’accumulent", continue Christophe Leribault. Selon lui, plus de 10 000 vases grecs devaient notamment être déplacés pour mener à bien les travaux d’une des ailes du Louvre. Dans ce contexte, le président a défendu la "nécessité absolue" de mener à bien le colossal projet de rénovation du musée, baptisé "Louvre Nouvelle Renaissance", évalué à plus de 1 milliard d’euros. Ce projet, annoncé au début de 2025 par le président Emmanuel Macron, implique de trouver « dans les prochains mois » 360 millions d’euros de mécénat pour financer la création d’une entrée supplémentaire et d’une nouvelle salle d’exposition de La Joconde en sous-sol, selon le président. S’agissant de la sécurisation du musée, Christophe Leribault affirme "prendre à bras-le-corps les urgences qui s’imposent" et annonce la mise en place, à partir de janvier 2027, du nouveau système de surveillance vidéo périmétrique. "Nous avons, bien sûr, installé en urgence quelques caméras supplémentaires dans des endroits absolument névralgiques dont on avait constaté la déficience. Mais on ne peut pas recréer tout un nouveau réseau avec des centaines de caméras sans renforcer l’armature technique", a-t-il expliqué, annonçant la création en octobre d’un nouveau PC sécurité.
