Le label Horizon fait long feu
Près de deux années après la création du label Horizon, seules quatre compagnies aériennes ont entrepris les démarches pour l’obtenir.
Le 4 septembre 2006, les ministres des Transports et du Tourisme créaient en France le label Horizon, avec l’ambition d’apporter une triple garantie de sécurité, de transparence et de qualité aux passagers aériens. Ils souhaitaient les rassurer après la psychose qui avait suivi la série de catastrophes aériennes en 2004 et 2005 (Flash Airlines, Helios Airways et West Caribbean, notamment).
Dix-huit mois plus tard, le bilan est morose. Le label n’a séduit que quatre transporteurs, dont la fiabilité était déjà au-dessus de tout soupçon. Surtout, il est resté une particularité française ! Lorsque nous avons obtenu le label, il s’agissait de répondre à une véritable inquiétude des passagers, explique Laurent Magnin, PDG de XL Airways. Du fait de la surmédiatisation, les passagers paniquent désormais au moindre retard alors que le taux d’accidents aériens n’a jamais été aussi bas depuis 1963, précise-t-il.
Aucune obligation
La montagne a accouché d’une souris, considère Nicolas Brumelot, DG de Go Voyages. L’Etat a voulu faire croire qu’il allait apporter une solution à une crise, alors qu’il n’a fait que brouiller encore plus l’image du transport aérien dans l’esprit des passagers. Tout cela a coûté beaucoup d’argent pour pas grand-chose, alors qu’au niveau international des moyens de contrôle existaient déjà. C’est ce que semble avoir bien compris la compagnie Aigle Azur qui, même si elle a obtenu le label, a également été certifiée Iosa (une certification délivrée par Iata sur des critères techniques, à la différence du label Horizon qui n’opère qu’un contrôle documentaire).
Une des grandes faiblesses du label réside dans son caractère non obligatoire. Le fait qu’une compagnie aérienne ne soit pas labellisée ne présage en rien de l’absence de conformité de ladite compagnie aux normes de sécurité et à ses obligations en matière d’information, rappelle toujours le CNTT, qui délivre le label. Une sorte d’aveu implicite de son inutilité.
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