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La psychose touche l’île Maurice

« Le chikungunya fait tache d’huile dans l’océan Indien. Peu touchée par la maladie avec « seulement » 1 500 cas, Maurice subit la psychose française, et les annulations pleuvent chez les TO. »

L’année 2006 avait bien démarré pour l’île Maurice. Les TO parlent même de ventes record pour les deux premiers mois de l’année. Une tendance positive que l’on retrouve dans les statistiques de l’office de tourisme concernant la France (premier marché émetteur, avec 220 421 visiteurs en 2005) : en janvier, 26 467 Français se sont rendus à Maurice, en hausse de 17,7 % par rapport à janvier 2005. Ils étaient 20 507 en février, également en progression de 2,2 % sur février 2005.

Mais depuis mi-février, c’est le drame. Alors que le chikungunya fait rage à la Réunion, un témoignage sur le maudit moustique à Maurice, diffusé par un JT, a mis le feu aux poudres. Des chiffres ont alors été lâchés, suivis du mot épidémie. Pourtant, le pays ne recense à ce jour que 1 500 cas selon le ministère du Tourisme mauricien, soit 0,12 % de la population, contre plus de 180 000 à la Réunion. Rappelons qu’on parle d’épidémie lorsque 15 % de la population est affectée…

Il n’en faudra pas plus pour inverser la tendance. Peu après la diffusion, les TO enregistraient les premières annulations. Depuis, les ministères de la Santé et du Tourisme mauricien ont multiplié les communiqués auprès des professionnels du tourisme (aucun touriste n’aurait contracté la maladie à ce jour), rappelant les mesures de prévention prises dans l’île, et surtout, évoquant le tassement des nouveaux cas. En vain. La psychose est là. Du moins au départ de France. Car chez nos voisins allemands, anglais ou italiens, les médias n’ont cure de ce moustique et la fréquentation reste excellente.

Le printemps, c’est foutu

Le patron d’Austral Lagons, Hélion de Villeneuve, se dit effaré par la situation. Sur les 15 premiers jours de mars, le TO a enregistré plus de 1 ME d’annulations (un tiers des dossiers ont été reportés vers les Caraïbes, les Maldives et la Polynésie). Les réservations pour Maurice sont désormais en recul de 70 % par rapport à la même époque en 2005. Pour avril-mai, c’est foutu, ajoute-t-il. Pour sauver ce qui peut encore l’être, le TO lance une promotion un séjour acheté = un séjour offert, valable du 1er mai au 19 octobre.

Guy Zekri, directeur de Solea Vacances, fait état d’une centaine de dossiers annulés, surtout en mars-avril. Et le fléchissement des demandes est net pour mai et juin. En revanche, le TO, qui a déjà engrangé quelques réservations pour juillet-août, se veut rassurant pour l’été. Un optimisme partagé par Gérard La Rocca, PDG de Tourinter, pour qui l’océan Indien représente 44 % de l’activité. Il recommence depuis quelques jours à enregistrer des réservations pour l’été, y compris à la Réunion. Mais en attendant, comme chez ses confrères spécialistes, le coup est dur, avec 120 dossiers annulés pour mars et avril. Qualifiant cette crise mauricienne d’assassinat touristique, il ne cache pas que si la situation perdure, il devra débaucher. Chez Air France et Air Mauritius enfin, quelques annulations ont été enregistrées fin février/début mars, mais tout semble rentrer dans l’ordre pour avril.

A noter que pour les annulations et les reports, les procédures habituelles (et les frais inhérents) sont appliquées par les professionnels, une position validée par l’Association de tour-opérateurs/Ceto, Maurice n’étant pas en crise sanitaire. Reste à savoir si le dernier communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), daté du 7 mars, rassurera les candidats au voyage. L’OMS, en visite dans l’île, a fait état d’une exagération sur les risques et les problèmes liés au chikungunya à Maurice, et rappelle que la maladie est sous contrôle. Mais ce communiqué n’a trouvé qu’un faible écho dans la presse.

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