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La grande distribution au régime sec

Après Cora Voyages l'an dernier, c'est au tour de Casino Vacances de cesser ses activités. Des décisions radicales prises par leurs groupes et qui jettent la lumière sur les difficultés de rentabilité des agences de voyages de la grande distribution.

Rien ne va plus dans la grande distribution ? Au 31 décembre 2013, Casino Vacances, créé à la fin des années 90, baissera le rideau. Après %%HORSTEXTE:1%%plusieurs années de pertes, le Groupe Casino a pris la décision de mettre un terme à son activité voyages. Ce choix de la direction sera entériné en octobre suite à l'annonce faite aux syndicats. D'ores et déjà, les principaux fournisseurs avec lesquels le réseau travaille ont été prévenus de la situation. « L'objectif de Casino, c'est de vendre de l'alimentaire et du non-alimentaire. C'est très difficile de rendre une activité pérenne quand on n'est pas sur le core business. Casino Vacances est une activité accessoire qui est devenue au fil du temps un vrai centre de coûts », explique un professionnel proche du dossier. L'activité voyages pèse en effet seulement 0,03% du chiffre d'affaires du groupe.

Le voyage, une activité d'image

Le cas de Casino Vacances n'est pas isolé. Mousquetaires Vacances a été le premier, en 2007, à jeter l'éponge. Pierre Surot, alors responsable du développement, justifiait la décision du groupe Intermarché par le fait que « le chiffre d'affaires ne décollait pas et restait scotché autour de 10 millions d'euros par an ». Il attribuait aussi cet échec à la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs conjuguée au report des investissements sur d'autres formes de loisirs. Six ans plus tard, l'environnement économique est encore plus difficile. « La vente de voyages est une activité d'image que le groupe conserve tant que ses résultats globaux suivent. Mais dans les faits, les charges sont trop lourdes pour que l'activité soit rentable », poursuit notre analyste. Le volume d'affaires de Casino Vacances n'a jamais non plus vraiment décollé, autour de 15 millions d'euros, et a même de 2 millions d'euros en trois ans. Avant que la décision ne soit prise l'an dernier d'arrêter l'activité tourisme, Cora Voyages évoluait à peu près dans les mêmes sphères.

%%HORSTEXTE:2%% En 2010, le réseau avait enregistré un volume d'affaires de 17,6 M€ et connu une année 2011 difficile. « Le Printemps arabe nous a fait plus de mal que la crise économique », indiquait Sophie Le Guyon en juillet 2012 au moment de l'annonce de sa démission de la direction générale, qui a précédé de peu la fin de l'activité de Cora Voyages. Au courant de la situation, François Piot, président du groupe Prêt à Partir, rachetait dans la foulée 10 des 17 agences du réseau. « Les 7 autres agences ont fermé. Cora Voyages perdait de l'argent depuis sa création (en 2004, Ndlr). Les frais du siège étaient trop élevés par rapport à la taille du réseau », explique-t-il. Aujourd'hui, les dix points de vente portent l'enseigne Prêt à Partir et vendent l'ensemble des produits du réseau. Mais au moment de leur reprise, le groupe lorrain a connu des difficultés. « L'arrêt du catalogue Cora Voyages a entraîné une perte de 20% de l'activité. Le changement de marque a été mal compris des clients et nous a pénalisé commercialement », poursuit-il.

Un développement en pause

2012 n'a pas non plus été à la hauteur des attentes de Voyages Auchan. Le réseau peine lui aussi à voir son activité décoller et a enregistré 1,3 million d'euros de pertes après une année 2011 déjà déficitaire de 1,4 M€. « Nous avons certainement ouvert trop de points de vente dans une période compliquée. Nous marquons un temps de pause », confie Frédéric Sainte Marie, DG de Voyages Auchan. À contre-courant du marché, le réseau a investi, à partir de 2008, en pleine crise économique, 300 000 euros par an dans le développement de son réseau afin d'ouvrir au minimum trois nouvelles agences chaque année. Mais depuis l'an dernier, Voyages Auchan a mis un coup d'arrêt au déploiement de son maillage et a même procédé à la fermeture de 2 points de vente début 2013 à Issy-les-Moulineaux et au Kremlin-Bicêtre. « Nous sommes dans une phase de rationalisation de l'exploitation et procédons à des économies sur la structure et sur les points de vente qui ne sont pas assez rentables », indique-t-il. Voyages Auchan, qui vise un retour à l'équilibre fin 2014, a néanmoins procédé récemment à la refonte de son site web.

Une stratégie au cordeau

%%HORSTEXTE:3%%De son côté, le leader Voyages E.Leclerc affiche des résultats positifs mais au prix d'une stratégie au cordeau. « Le nombre d'agences Voyages E.Leclerc reste stable (181 au 31 décembre 2012, Ndlr). Actuellement, notre objectif est d'accroître le volume d'affaires par point de vente et de gagner en productivité. Nous ne laissons rien passer. Je connais en permanence l'état des ventes de chaque agence. Pour être rentable, une agence doit réaliser 2 M€ de volume d'affaires annuel. Chez nous, c'est tolérance zéro », affirme Bernard Boisson, DG de Voyages E.Leclerc, pour qui « la stratégie guide les résultats » et non l'inverse. Avec seulement 30 salariés au siège, le réseau a l'avantage de bénéficier d'une structure de coûts très légère puisque les agences sont indépendantes. C'est également à coup de rationalisation que Carrefour Voyages a réussi à maintenir son volume d'affaires en 2012 (+ 0,4%). Bien que l'activité voyage ne soit pas touchée par le PSE mis en place par le groupe fin 2012, et qui porte sur la suppression de 533 postes, elle n'a pas vraiment été épargnée ces dernières années : déménagement du siège, fermeture de plusieurs agences qui ont entraîné une baisse d'effectif de 43 salariés, déploiement très progressif de la franchise…

Il semblerait que l'eldorado des groupes de la grande distribution soit ailleurs. Tous axent désormais principalement leur développement à l'international sur des zones à fort potentiel de croissance comme la Chine, le Brésil et l'Europe centrale. Là-bas plusieurs dizaines d'hypermarchés ouvrent chaque année sous différentes enseignes.

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