La Fédération dans les starting-blocks
L’UDiV, le Ceto et Level.com sont toujours en discussions avec le Snav pour trouver un terrain d’entente sur les modalités de son entrée dans la future Fédération des métiers du voyage. Mais que le syndicat vienne ou pas, elle devrait être lancée en septembre. Ses statuts viennent d’être validés.
Y penser toujours mais en parler très peu. C’est la tactique adoptée depuis le début de l’année par le Ceto et l’UDiV qui ont posé, en décembre, la première pierre de la Fédération des métiers du voyage, en créant un pacte d’associés auquel s’est joint Level.com. Le sujet est en effet quelque peu conflictuel avec le Snav, dont les trois partenaires espéraient l’adhésion mais qui, jusqu’à présent, est resté, par la voix de son président Georges Colson, sur une autre longueur d’onde. C’est donc avec patience et pédagogie qu’Anne Bouferguene, déléguée générale de l’UDiV (L’Union des distributeurs du voyage, qui regroupe Thomas Cook, NF, CWT, Carrefour Voyages et Leclerc Voyages) s’emploie depuis janvier à expliquer, dialoguer pour faire émerger un terrain d’entente au sein de la grande famille des opérateurs du voyage qui rejoindrait les secteurs de l’aérien (représenté par la Fnam) et des hébergeurs-hôteliers (représentés par le SNRT et l’Umih). « Les travaux continuent », confie-t-elle, interrogée sur l’avenir de la fédération. « Le dernier comité de pilotage, qui s’est tenu le 17 juin, confirme que, sur le principe, il y a toujours consensus de toutes les parties autour du projet. Les statuts ont été rédigés et approuvés. Nous sommes d’accord sur la gouvernance, les prérogatives et le poids des différents métiers représentés, avec un calendrier qui devrait permettre le lancement de la fédération en septembre », espère-t-elle quand initialement, c’est le mois de juin qui avait été ciblé.
Avant cela, chacun des secteurs doit s’organiser pour « émerger de façon homogène », reconnaît Anne Bouferguene. Et c’est là justement que le bât blesse. Si la Fnam, déjà organisée en fédération, est en ordre de marche, il n’en est pas encore de même des résidences de tourisme-hôteliers, pas forcément habitués à se parler ni surtout des opérateurs de voyages. Ce qui pourrait bien conduire le Ceto et l’UDiV avec Level.com, s’il les suit, à y aller sans le Snav. « On peut considérer que notre représentativité est suffisante même sans le Snav », remarque Anne Bouferguene « même si la porte lui est toujours ouverte ». Cette éventualité de la constitution d’une sorte de syndicat bis, d’une section des opérateurs du voyage qui ne serait constituée que de l’UDiV, du Ceto et de Level, avait été envisagée dès la réflexion initiale sur la fédération. Elle n’avait pas été retenue car justement conflictuelle. « Elle mettrait le Snav en difficulté, ce qui n’est pas l’objectif recherché, sans compter qu’elle dilue aussi les moyens à apporter à la fédération », notait un document de travail. « A priori, nous avions considéré que le Snav avait les contours légitimes pour représenter tous les opérateurs du voyage. Il fallait juste qu’il nous fasse une place. Qu’on rediscute des modalités… », explique Anne Bouferguene. Une lettre d’intention aurait même été adressée à Georges Colson, pour lui proposer que le Snav prenne le leadership de la future section des opérateurs de voyages avec, en contrepartie, la demande qu’il change les statuts du syndicat, confie un observateur proche du dossier. « L’idée était que le Snav chapote l’ensemble du pôle opérateurs de voyages de la fédération, qui comporterait le Ceto pour les producteurs, l’Udiv pour les distributeurs intégrés, et le Snav pour la famille des indépendants ». Pas forcément du goût de tout le monde.
Mais, avec ou non ce traitement de faveur, le Snav continuerait de faire de la résistance, Georges Colson regrettant sans doute éternellement de ne pas avoir été associé à l’initiative du projet. On risque donc bien d’arriver à une forme de scission, même si Level.com ne le souhaiterait pas et jouerait actuellement les arbitres, voire les modérateurs. Plus va-t-en-guerre de tempérament, Denis Wathier, président de Thomas Cook – qui a déjà démissionné du Snav (contrairement à ses quatre partenaires) – et de l’UDiV, serait sans doute prêt à passer outre, au risque de créer un vrai hiatus dans la profession entre industriels et indépendants. Il pourrait entraîner avec lui d’autres de ses partenaires comme Carrefour Voyages, qui menace de quitter le Snav fin 2012 si sa position n’a toujours pas évolué d’ici là. Le prochain comité de pilotage est fixé à fin juillet.
« Notre représentativité est suffisante sans le Snav, même si la porte lui est toujours ouverte »
« Les opérateurs doivent se regrouper sous un nom unique »
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