Le bras de fer entre l’exécutif corse et Corsica Ferries continue. Dernier round en date : la condamnation de la Collectivité de Corse, en appel, au versement de 86,3 millions d’euros en réparation d’un subventionnement jugé illégal de son ancienne concurrente, la SNCM. Une décision prise par la cour administrative d’appel de Marseille, et que Gilles Simeoni, le président de l’exécutif corse, entend contester via un pourvoi en cassation. Basée sur une expertise économique, la décision réévalue donc à 86,3 millions d'euros assortis des
intérêts au taux légal depuis décembre 2014 la condamnation prononcée en février 2017 par le tribunal administratif de Bastia qui était de 84,3 millions. La cour a en outre condamné la Collectivité à payer 27 382 euros de frais d'expertise et à verser à la Corsica Ferries "une indemnité de 5 000 euros au titre des préjudices annexes".
Corsica Ferries, victime de concurrence irrégulière ?
La Corsica Ferries avait dénoncé l'attribution par la Collectivité territoriale de Corse (CTC) de la délégation de service public (DSP) à la SNCM, aujourd'hui disparue, et à la Compagnie Méditerranéenne de Navigation (CMN). Les deux compagnies avaient assuré, entre juillet 2007 et décembre 2013, la desserte maritime entre le port de Marseille et la Corse. La compagnie aux navires jaunes, leader pour le transport des passagers entre la Corse et le continent, se considérait victime d'un préjudice et disait subir une concurrence irrégulière en période de pointe, la SNCM bénéficiant d'une aide dite de service complémentaire pour l'exploitation de deux de ses navires en période de pointe.


