Hôtellerie : Machefert se relève après la tempête
Après cinq ans de procédures, Machefert se relance grâce au soutien de Bain Capital. Le plan prévoit un financement de 180 millions d’euros, incluant des cessions d’actifs.
Depuis 2021 le groupe fondé par la famille Machefert était en redressement judiciaire. Suite à la crise sanitaire, sa dette s’élevait à une centaine de millions d’euros.
Malgré les pressions exercées, notamment par le fonds Fortress qui a imposé une stratégie de remboursement agressive, le groupe Machefert parvient à maintenir son activité. Grâce à un plan de continuation validé par le tribunal, l’entreprise préserve ses emplois. Il sort de cette période difficile sans licenciements collectifs, indique un communiqué.
Plusieurs établissements cédés
Le soutien du fonds d’investissement Bain Capital, qui a pris une participation majeure dans le groupe, permet de stabiliser le passif et de financer une nouvelle phase de croissance. L’alliance inclut un plan de cessions d’actifs de 44,4 millions d’euros et une injection de 135,5 millions d’euros pour soutenir le développement à court et moyen terme.
Dans le cadre de cette stratégie, plusieurs établissements ont été cédés. Parmi les principales opérations, on note la cession des murs de la Villa Alessandra et de la Villa Lutèce Port-Royal, ainsi que des fonds de commerce de la Villa Royale Pigalle, tous situés à Paris. Ces cessions visent à réduire l’endettement tout en préservant l’indépendance du groupe, permettant à ce dernier de se concentrer sur sa vision de développement à long terme.
Dans les années à venir, le groupe Machefert entend diversifier son offre en lançant un vaste programme de rénovations. D’ici 2026, une vingtaine de millions d’euros seront investis pour rénover plusieurs établissements emblématiques (Kube Saint-Tropez, Normandy Hôtel Paris).
Des rénovations pour monter en gamme
Ces rénovations visent à renforcer le positionnement haut de gamme du groupe, tout en intégrant des innovations technologiques telles que la digitalisation et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour enrichir l’expérience client. Le groupe prévoit également de s’étendre géographiquement avec des projets en région parisienne et à la montagne.
« Nous avons démontré que même dans l’adversité, notre modèle indépendant pouvait résister et se réinventer. Cette sortie du redressement n’est pas une fin, mais un point de départ », déclare Kevin Machefert, CEO du groupe.
Le Groupe Machefert emploie plus de 300 personnes. Il exploite 16 hôtels, 7 restaurants, 5 bars, 3 speakeasys et une plage privée à Paris, Saint-Tropez, Ramatuelle et Marrakech. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 44 millions d’euros en 2024.
