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Guadeloupe : « La crise est sociale et sanitaire »

Thierry Pin est le directeur de Carib Holidays, une agence de voyages située à Saint-François en Guadeloupe. Il nous donne son éclairage de la situation sur place.

L’Echo touristique : D’après vous, cette crise est-elle sanitaire ou sociale ?

Thierry Pin : Au début, la raison était davantage sanitaire. Puis, la situation a débordé sur beaucoup d’autres problèmes en Guadeloupe, que l’on n’a pas encore résolus depuis 2009, date de la dernière crise. Actuellement (interview réalisée le 26 novembre, Ndlr), la situation est légèrement plus calme.

Thierry Pin, directeur de Carib Holidays

D’après le préfet, il y aurait moins de barrages et la circulation s’améliore. Au niveau des violences de la nuit, c’est aussi moins agité, à la différence de la Martinique. Mais malgré tout, les gens sont quand même très mobilisés sur les barrages.

Y-a-t-il beaucoup de touristes actuellement sur l’Île ?

Thierry Pin :  Oui, il y en a un certain nombre. On en voit beaucoup dans les hôtels, les restaurants. Je ne travaille qu’avec les locaux, je ne suis donc pas la bonne personne pour vous renseigner davantage. Carib Holidays est une agence « émettrice », un distributeur pour la clientèle locale. Nous vendons beaucoup de croisières pour l’hiver au départ des Antilles, et tout ce qui est à destination de la France, de Miami, etc.

Comment voyez-vous les prochains jours ?

Thierry Pin : En Guadeloupe, il y a deux cas de figure : les touristes qui sont là, qui font contre mauvaise fortune bon cœur… Ils ne peuvent pas faire grand-chose. Par exemple, moi qui suis sur Saint-François, je les vois rester à Saint-François. S’ils avaient prévu de visiter la Guadeloupe, c’est un peu raté.  L’autre cas de figure, que l’on a pu voir ou entendre, ce sont les gens qui préfèrent rentrer tout de suite.

On ne voyage plus.

Vous avez encore de l’activité ?

Thierry Pin : Non, hormis un petit peu à destination de Paris. Pour le reste, nous ne vendons quasiment rien. Toutes les liaisons aériennes ne sont pas totalement rétablies, y compris vers les îles autour de la Guadeloupe comme la Barbade par exemple. Toutes ces îles exigent de surcroît le double vaccin. Or malheureusement, notre population n’est pas vaccinée. Du coup, on ne voyage pas. Et par conséquent, nous n’avons rien à vendre. Avec cette crise, nous passons notre temps à détricoter ce que nous avions réservé.

Vous savez, nous avons l’impression que, depuis la France, on ne comprend pas forcément ce qui se passe à 6000km de là. Il y a une vraie crise sur place, les jeunes n’ont pas de travail, la pauvreté est latente. Nous souffrons économiquement. Nous espérons surtout que le gouvernement va enfin trouver des solutions. La problématique des îles n’est pas bien prise en compte par la France.

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