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gagne ses lettres de noblesse

Le titre de capitale européenne de la culture 2008 est une aubaine pour la ville anglaise, qui espère relancer son tourisme. Mais les tour-opérateurs demeurent bien frileux.

Depuis des décennies, Liverpool renvoie immanquablement aux Beatles et au football, mais aussi au chômage. Une image liée principalement à son port laissé à l’abandon, avant d’être rénové dans les années 90. C’est dire si la ville, qui fête cette année son 800e anniversaire, attend beaucoup de son titre de capitale européenne de la culture en 2008 pour faire parler d’elle différemment…

Car Liverpool est dotée d’un héritage culturel méconnu. A l’image de l’embarcadère Pier Head (qui accueillit jadis les fameux paquebots de Cunard), classé au patrimoine mondial par l’Unesco depuis 2004. Elle possède aussi (après Londres), la plus grande concentration de bâtiments classés aux monuments historiques anglais, ou encore des galeries d’art réputées. Bref, la cité anglaise espère tourner une page, comme l’avait fait l’écossaise Glasgow, capitale européenne de la culture en 1990, et qui est devenue depuis une ville résolument branchée.

14 000 emplois attendus

Avec cet événement, Liverpool (450 000 habitants) espère séduire 1,7 million de touristes étrangers, elle qui n’en attire que 625 000 par an (dont seulement 43 000 Français). Tous les leviers seront utilisés. La ville entend notamment encourager 2 milliards de livres (2,9 milliards d’euros) d’investissements qui devraient permettre la création de 14 000 emplois, à commencer par des projets de développement urbain. Une dynamique engagée avec l’ouverture, depuis quelques années déjà, de boutique-hôtels tendance, boudant le style classique des établissements en Grande-Bretagne. Il est vrai que ses anciens bâtiments et entrepôts en briques se prêtent à ce type de réhabilitation.

Liverpool travaille également la refonte de son image. Depuis 2003, année où la ville fut désignée comme capitale de la culture pour 2008, Visit Britain (l’OT de Grande-Bretagne) peaufine sa communication, avant une montée en puissance dans les prochaines semaines. L’office a déjà mis en ligne un site Internet grand public (en anglais) spécialement conçu pour l’événement, à l’adresse www.liverpool08.com. La programmation culturelle y est indiquée avec, entre autres, l’exposition Turner jusqu’au 13 janvier à la Tate Liverpool (plus grande galerie d’art moderne anglaise après celle de Londres), le Liverpool Sound en présence du groupe de Paul McCartney le 1er juin, des animations de rues… Visit Britain vendra également prochainement sur son site des Liverpool Pass, à 30 E par adulte et 18 E par enfant*.

Les TO ont toutefois décidé de jouer profil bas. Il est vrai aussi que les touristes français sont nombreux à organiser seuls leur voyage en Grande-Bretagne. Seul Gaéland Ashling programme pour l’heure un forfait Liverpool 08. Commercialisé à 494 ETTC, il comprend les vols, la location d’un véhicule et deux nuits dans un hôtel 4b. Les autres TO affirment toutefois être capables de répondre aux demandes de séjours à la carte (Voyageurs du Monde, Sea France ou Go Voyages).

Les Français voulant se rendre à Liverpool devront également faire face à une autre faiblesse : seules deux compagnies desservent en direct la ville depuis la France : Easyjet au départ de Roissy (deux vols/jour), Mulhouse (quatre fois/sem.) et Nice (un vol quotidien) et Ryanair, au départ de Bergerac, Carcassonne, Limoges, Nîmes (en été) et Grenoble (en hiver). Une offre limitée aux low cost, qui complique encore la tâche des agences.

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