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Frais GDS : Lufthansa réussit son passage en force

Il y a un an, Selectour et Manor étaient vent debout contre les "fees" imposés par Lufthansa aux agences. Plus maintenant. Une brèche pour les autres compagnies ?

Selectour avait déréférencé Lufthansa le 1er avril 2016. Et Manor n'a pas reconduit ses accords avec le groupe l'an passé. Les deux réseaux – qui incarnent le premier de France, et le leader du voyage d'affaires – faisaient ainsi acte d'une belle résistance. Un coup d'épée dans l'eau ? Un an après, les deux mêmes grands réseaux ont en tout cas fait marche arrière.

Un risque de contagion

"Le contrat 2017 avec Lufthansa est signé", même si le groupe aérien ne compte pas parmi les fournisseurs privilégiés, a expliqué la semaine dernière Laurent Abitbol, président de Selectour. "Nous avons conclu un contrat pour 2017", a pour sa part indiqué hier Jean Korcia, président de Manor. Lufthansa est "important" pour certains adhérents, qui ont finalement continué de le vendre, précise-t-il.

Le risque, bien sûr, c’est que d’autres transporteurs emboîtent le pas au groupe allemand. "Toutes les compagnies aériennes regardent avec intérêt ce qu’il se passe et sont prêtes à sauter le pas à tout moment", s’inquiétait Jean Korcia le 9 novembre 2015, lors des Journées des Dirigeants du réseau. Air France suit de près l’évolution du dossier, comme ses concurrents bien sûr.

L’action juridique au point mort

Deux plaintes ont été déposées, l'une par l'Association des agents de voyages et tour-opérateurs européens (Ectaa), l'autre par l’European Technology and Travel Services Association (ETTSA). "Ces deux plaintes sont sur le bureau de la Commission européenne depuis 18 mois", indique Michel de Blust, secrétaire général de l’Ectaa. Leur objectif commun ? "Que la commission qualifie la surcharge non conforme au code de conduite sur les GDS. Par voie de ricochet, c’est contraindre le groupe Lufthansa d’arrêter à appliquer des fees, ou de les appliquer sans discrimination, quel que soit le canal de distribution".

Bruxelles tarde à rendre sa décision pour plusieurs raisons, estime Michel de Blust. La Commission européenne juge le dossier complexe, et risque d’attendre la révision du règlement qui instaure le code de conduite sur les GDS, pour laquelle les travaux doivent démarrer en 2018. A cela s’ajoutent des élections européennes l'an prochain, qui vont vite ralentir le traitement de tous les dossiers en cours. "Nous sommes obligés d’attendre le bon vouloir de la commission, ce qui coûte 16 euros par dossier réservé via les GDS. Tous les passagers concernés subissent ainsi une discrimination. Mon sentiment, c’est que Lufthansa fait payer aux passagers ses développements technologiques de vente directe, pour ensuite bypasser les distributeurs."