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Fusion TUI/Transat : la tension monte

A la veille d’une réunion qui devrait définitivement sceller le sort de Transat France, le comité central d’entreprise (CCE) TUI-Transat partage plusieurs pommes de discorde avec la direction.

"Avant de négocier quoi que ce soit, on veut avoir des précisions : s’agit-il d’un plan de départ volontaire (PDV) ou d’un plan social ? On ne négocie pas de la même façon", prévient Lazare Razkallah, secrétaire général CGT du CCE TUI-Transat. Le syndicaliste a été reçu le 16 mars par la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (Direccte) du Val de Marne, chargée de veiller à l’application du code du travail, avec les autres représentants du CCE.

Les représentants des salariés ont exposé leur vision des faits, qui diffèrent de celle de la direction sur de nombreux points. "Nous avons découvert le document, qui fait 900 pages, le 21 février dernier. La direction a eu plusieurs mois pour le préparer. Au fur et à mesure, on trouve des points de désaccord", précise Lazare Razkallah.

Des concurrences qui peuvent créer des tensions

Par exemple, le CCE ne partage pas l’argument économique avancée par la direction. "Le groupe TUI a dégagé 1 milliard de bénéfices en 2016…". Sur le maintien de la compétitivité, introduite par la loi El Khomri, Lazare Razkallah s’étonne à nouveau. "A eux deux, TUI et Transat France représentent 29% de parts de marché en France. Et le groupe affiche ses ambitions d’aller bien au-delà. La compétitivité nous semble très bien maintenue", ironise le syndicaliste. La direction livre une analyse différente du maintien de la compétitivité. "L’appréciation du motif économique ne s’effectue pas au niveau du groupe mais du secteur d’activité. Ce n’est pas parce que le nouvel ensemble représente 29% du marché en France que la question de la sauvegarde de la compétitivité ne se pose pas, dans un contexte économique qui reste fragilisé, face à l’émergence de nouveaux acteurs et à la concentration des acteurs traditionnels qui […] prennent les mesures qui s’imposent pour renforcer leur position sur le marché".

Selon Lazare Razkallah, la direction met également en concurrence ses salariés pour déterminer qui restera en place. Par exemple, 10 agences Look Voyages devraient fusionner avec 10 TUI Stores, à  Nantes, Angers, Rennes, Le Mans, Antony, Chartres, Clermont-Ferrrand, Lyon, Dijon, Grenoble. "Les deux chefs d’agence sont mis en compétition, et le plus performant héritera du nouveau poste. L’autre sera invité à choisir le plan de départ volontaires", assure Lazare Razkallah, pour qui ces méthodes peuvent créer du ressenti et des tensions chez les salariés."Ils [les salariés] seront concernés par un dispositif d’assessments, cette procédure a déjà été utilisée au moment de la fusion des réseaux Nouvelles Frontières et Marmara et du déploiement des agences TUI Stores. A ce jour il n’y a eu aucun licenciement, le personnel a été reclassé" , se défend la direction.

37 postes pourraient voir leurs contrats de travail modifiés, selon le document remis par la direction à la Direccte. "La majeure partie de ces postes sont à Lyon. On va leur proposer d’être déplacés à Levallois-Perret. S’ils refusent, on les incitera à partir", craint Lazare Razkallah. "Cela se passe en deux étapes : le poste est modifié, si le salarié refuse ces modifications, l’entreprise proposera un ou plusieurs reclassements. Ce n’est qu’à l’issue du refus de ces propositions de reclassement qu’un licenciement pourra être envisagé", oppose la direction de TUI.

Des suppressions de postes pour externaliser des missions

D’autres choix de gestion étonnent les membres du CCE. "On a aussi remarqué que certains salariés bien installés en CDI devraient quitter l’entreprise, alors même que certaines de leurs missions seront déléguées à des prestataires externes ou que les CDD déjà installés dans les services sont renouvelés à de multiples reprises. On ne comprend pas pourquoi on veut externaliser ces missions alors qu’on a les ressources en interne. Le service informatique par exemple, avec 24 postes menacés, est particulièrement concerné". "Le recours à des CDD ou de l’intérim porte sur des missions ponctuelles liées à un accroissement temporaire d’activité ou le remplacement de salariés absents. Il  n’y a pas de manquement de la part de la société dans la mesure où un CDD ou un interim n’a pas pour effet de pourvoir des postes pérennes dans l’organisation mais de disposer de ressources ponctuelles supplémentaires", justifie la direction.

D’une façon générale, le syndicaliste dénonce le projet de la direction, jugé en-deçà des exigences qui entourent un plan de départ volontaire. "Autre exemple : dans le cadre d’un PDV, on devrait pouvoir bénéficier d’un contrat de spécialisation professionnelle qui court sur 1 an. On nous propose une durée de 6 mois maximum. Aucun partage de postes à temps partiel, qui pourrait intéresser certains salariés concernés, n’est également proposé. Les salariés ne comprennent pas où la direction veut en venir. Du côté du CCE, si on observe que les points légaux ne sont pas respectés, on saisira le tribunal".

Les représentants du personnel reprendront les négociations sur le volet social avec la direction le 31 mars prochain. Demain, ils présenteront leur avis, qui n’est que consultatif, sur le projet de fusion absorption de Transat France par TUI. Pour la direction, cela délivrera le feu vert "à la disparition de Transat".

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