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Finalement, IAG (British Airways, Iberia) ne rachètera par Air Europa

Le groupe IAG a annoncé mercredi avoir engagé des « discussions » pour mettre fin à son projet d’Air Europa, en grande difficulté depuis le début de la pandémie.

IAG et Globalia, propriétaires d’Air Europa, « confirment être à un stade avancé de leurs négociations en vue de résilier l’accord » d’acquisition datant de « novembre 2019 », a indiqué le groupe dans un court communiqué.

En vertu de cet accord, Iberia devait racheter 100% du capital d’Air Europa pour un milliard d’euros. Ce prix avait été revu à la baisse à 500 millions d’euros en janvier 2020, à cause des dégâts provoqués par la pandémie sur le transport aérien.

IAG perdait 1,84% à 130,12 pence mercredi matin peu avant 10H30 GMT à la Bourse de Londres. Dans son communiqué, le groupe ne précise pas les raisons qui l’ont poussé à renoncer à son projet d’acquisition.

Mais les incertitudes liées au variant Omicron font craindre à nouveau une « perte de confiance des voyageurs », a commenté auprès de l’AFP Susannah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown. « Il n’est donc pas surprenant, compte tenu de ces turbulences, que l’accord d’achat d’Air Europa semble avoir été retiré de la table. » « Les nouvelles exigences en matière de tests (…) pourraient avoir de sévères répercussions sur les taux de réservations les mois prochains », a-t-elle ajouté.

« N’importe quelle compagnie aérienne hésiterait à se lancer dans des fusions et acquisitions dans l’environnement actuel », a abondé Russ Mould, analyste de AJ Bell. « Le monde est très différent de 2019, lorsque l’accord avait été annoncé pour la première fois ». L’industrie aérienne a été l’une des plus durement frappées par la pandémie avec un trafic réduit quasiment à néant pendant des mois.

L’Europe était réticente

Le projet de rachat semblait aussi compliqué en raison des réticences de Bruxelles : la Commission européenne a en effet ouvert en juin une enquête approfondie sur ce dossier, craignant une réduction de la concurrence sur le marché espagnol, susceptible d’entraîner « une hausse des prix » pour les passagers. « IAG, qui exploite notamment les réseaux d’Iberia et de Vueling, et Air Europa sont des compagnies aériennes de premier plan en Espagne », avait expliqué dans un communiqué la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. « Sur certaines liaisons, IAG et Air Europa étaient jusqu’à présent les deux seules compagnies aériennes présentes », s’était-elle inquiétée, citant notamment les vols « reliant Madrid aux États-Unis et à l’Amérique Latine ».

IAG, qui contrôle aussi la compagnie irlandaise Aer Lingus, est le troisième groupe de transport aérien en Europe derrière Ryanair et Lufthansa. Le groupe avait annoncé début novembre avoir fortement réduit ses pertes pendant l’été et disait espérer un retour aux bénéfices l’an prochain grâce à la réouverture des frontières américaines.

Et British Airways a annoncé mardi le lancement en mars prochain de 35 destinations court-courriers « à des prix compétitifs » via une nouvelle filiale spécialisée depuis l’aéroport londonien de Gatwick, un projet auquel elle avait d’abord renoncé devant l’opposition des pilotes, avec qui elle est finalement parvenue à un accord.

Air Europa, propriété du groupe touristique espagnol Globalia, est la troisième compagnie aérienne ayant la plus forte présence en Espagne après IAG et Ryanair. Avant la crise du Covid, elle desservait 62 destinations, principalement en Europe et en Amérique du Sud.

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