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Des raisons d’espérer

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Alors que le microcosme intellectuel français s’agite autour du succès grandissant en librairie – et des questions qu’il soulève – du fascicule de Stéphane Hessel, Indignez-vous !, le peuple tunisien vient de nous donner une magistrale leçon, en faisant la courageuse démonstration qu’à l’indignation pouvait succéder l’action. Que, loin d’être opposable, l’affect peut (doit ?) engendrer des actes. Oui, nous avons été surpris par la précipitation des événements qui ont conduit à l’improbable chute du président Ben Ali. Incrédules, devant ce sursaut de révolte libertaire d’un peuple à la fois historiquement si proche, mais vu parfois au travers d’un prisme teinté d’exotisme condescendant. Que l’on réalise maintenant que la Tunisie ne se résume pas aux ruines de Carthage et à ses kilomètres de plages ensoleillées est, assurément, une bonne chose pour cette destination, dont le tourisme demeure la principale ressource. Mais, à l’heure du constat succède celle des remises en questions. Avons-nous bien fait de rester silencieux et peu sourcilleux face à un régime que l’on savait corrompu ? Aussi, ne faisons-nous pas preuve d’une bonne dose d’hypocrisie à remettre soudainement en cause la fréquentation touristique de ce pays peu exemplaire en matière de droits de l’Homme ? L’an dernier, 1 395 000 Français se sont rendus en Tunisie (chiffres issus du palmarès des voyagistes), surpassant le Maroc en termes de ventes de séjours à forfait, selon les chiffres du Ceto. Alors, est-il honorable de passer nos vacances à bon marché sur les terres de dictateurs connus de tous ? De la Birmanie aux pays moyen-orientaux, la liste est longue de destinations que notre bonne conscience mettrait volontiers à l’index. Demain, ce seront peut-être la Libye ou l’Iran (lire notre article en page 8) qui ouvriront leurs lourdes portes au tourisme, et nous irons les visiter, en fermant les yeux sur la négation de beaucoup de nos valeurs. À moins que le développement durable s’enracine dans nos consciences et que nous devenions des touristes éclairés et responsables. Nul doute que ces questions seront d’actualité lors du congrès du Syndicat national des agents de voyages, à Louxor. Tout comme celle de l’avenir touristique de la Tunisie de l’après Ben Ali.

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