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Dans l’aérien, l’approvisionnement en kérosène mettra « des mois » pour revenir à la normale selon l’IATA

Le retour à la normale de l’approvisionnement en kérosène du secteur aérien et une décrue des prix des hydrocarbures prendront « plusieurs mois », et ce même en cas de réouverture durable du détroit d’Ormuz.

La désorganisation du transport aérien provoquée par les bombardements d’Israël et des Etats-Unis, et la riposte de l’Iran, sera durable. « Je pense qu’il faudra encore plusieurs mois pour retrouver le niveau d’approvisionnement nécessaire, compte tenu des perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient, qui constituent un maillon essentiel de l’approvisionnement mondial en produits raffinés », affirme Willie Walsh lors d’une conférence à Singapour.

L’aérien peut être rentable « même avec des prix du pétrole élevés »

Le directeur général de l’Iata, qui prendra la tête d’IndiGo cet été, s’exprimait peu après l’annonce d’un cessez-le-feu accepté pour deux semaines par les Etats-Unis et l’Iran, avec une réouverture attendue du détroit d’Ormuz. D’ordinaire, 20% du pétrole mondial transite par le détroit, quasiment bloqué depuis le début du conflit.

« L’annonce (de la trêve) a entraîné une baisse très significative du prix des pétroles bruts », qui dévissaient de plus de 15% mercredi. « Mais il faudra encore des mois pour revenir au niveau souhaité. Je ne pense pas que cela se fera en quelques semaines », poursuit Willie Walsh. Le transport aérien est « un secteur qui peut être rentable même avec des prix du pétrole élevés. Ce qui pose problème, c’est la réaction à court terme face à cette augmentation rapide », a-t-il par ailleurs noté.

Les hubs du Golfe « se redresseront et très rapidement »

« Le levier le plus immédiat » sera de « répercuter la hausse des coûts sur les prix des billets. C’est inévitable », a-t-il insisté. Particulièrement affectés par le conflit : les transporteurs du Golfe, soutenus par les pétromonarchies et spécialisés dans les vols long-courrier en correspondance, via leurs plateformes de Dubaï, Abou Dhabi et Doha.

« Je considère ce problème comme temporaire. Je pense que les hubs du Golfe se redresseront, et très rapidement. Bien entendu, la réduction de la capacité au Moyen-Orient », qui s’est évanouie « du jour au lendemain » aura « un impact à court terme », souligne Willie Walsh.

Certaines compagnies européennes avaient renforcé leurs liaisons directes vers l’Asie, pour répondre à la demande suscitée par la paralysie des « hubs » du Golfe, mais sans pouvoir déployer guère plus de « 1% » de capacité en plus.

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