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Agences et voyagistes face à la guerre : une crise que certains comparent au Covid

Quel est l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’activité dans le secteur du voyage ? Près de 300 professionnels du voyage ont répondu à notre sondage sur cette question, du 1er au 6 avril.

La guerre au Moyen-Orient affecte-t-elle votre entreprise ? À cette question posée dans le cadre du sondage de L’Écho touristique*, 58% répondent qu’elle les impacte « beaucoup » et 37% « un peu ».

L’attentisme perdure, voire s’accentue

Pour quelles raisons ? Le climat est anxiogène, le rythme global des réservations ralentit sur toutes les destinations. Des projets sont décalés, des prises de décision reportées. C’est donc l’attentisme qui prévaut. Les clients posent beaucoup de questions, ce qui mobilise les vendeurs pour apporter des réponses et de la réassurance.

La baisse des réservations est toute aussi marquée sur la deuxième quinzaine de mars que sur la première quinzaine de mars pour près d’un professionnel sur deux (46%). Les prises de commandes (réservations) ont davantage ralenti la première quinzaine de mars pour près d’une personne sur trois (27%). Seuls 16% pensent l’inverse. Autrement dit, 73% des personnes interrogées considèrent que l’attentisme s’est maintenu, voire s’est accentué. Un réceptif évoque une chute d’activité supérieure à 50% par rapport à l’an passé.

Un Covid-bis pour certains pros

Les verbatim laissés traduisent des inquiétudes. La guerre au Moyen-Orient, qui a démarré au début de la traditionnelle haute saison de prises de commandes, fait rejaillir le spectre de la pandémie. « C’est un Covid bis », commente un salarié. Une plateforme digitale fait la même comparaison.

D’ailleurs, le vocable « Covid » est cité de façon spontanée dans près de 10% de l’ensemble des commentaires recueillis.

La situation « nous renvoie six ans en arrière au début de la crise Covid, quand elle était (encore) circonscrite à l’Asie, souligne un dirigeant. Cela différait les réservations et on annulait tout sur place. Aujourd’hui, c’est idem avec une autre région et des compagnies aériennes très ‘structurantes’ pour desservir de nombreux pays. »

Même la Grèce subit un revers

« Je me demande si je vais continuer de travailler dans ce secteur si souvent en crise », commente un salarié. « Nous subissons beaucoup d’annulations, et donc de rétrocession de commissions sur les vols annulés, ce qui génère une perte importante de chiffre d’affaires », ajoute l’employé d’une agence de voyages traditionnelle.

Distributeurs et voyagistes constatent aussi des comportements irrationnels au nom de la sécurité, comme la baisse des ventes de séjours en Grèce observée aussi dans le baromètre Orchestra. Le patron d’un TO fait état d’un « arrêt total des réservations vers l’Asie depuis le déclenchement de la guerre. » 

De nombreuses interrogations et craintes portent désormais sur les hausses de carburant et leur impact sur les prix ainsi que sur le pouvoir d’achat et le moral des ménages. 

Peu de projets de chômage partiel, mais beaucoup d’incertitudes

Un dirigeant hôtelier en France ajoute : « Nous espérons que cela n’aura pas trop d’impact sur les réservations estivales sinon beaucoup d’établissements ne tiendront pas à cause des charges qui ne font que monter et de la baisse de l’activité. Les deux ne sont pas compatibles. » L’espoir d’une sortie rapide du conflit est bien sûr partagé. Sachant que le secteur du tourisme a montré par le passé sa formidable capacité de résilience et de rebond.

En attendant, les entreprises font le dos rond. Aujourd’hui, le recours au chômage partiel est en projet pour 11% des répondants, et il est déjà en place pour 4%. La majorité relative des professionnels assure que ce n’est pas un sujet d’actualité. Le sondage montre aussi un manque de visibilité sur le sujet : 33% des professionnels ne savent pas si leur entreprise compte mettre en place le dispositif de chômage partiel. La profession navigue à vue, sur de nombreuses questions.


*Méthodologie

Parmi les 272 répondants figurent 62% d’agences de voyages traditionnelles et 21% de tour-opérateurs/groupistes, 4% d’hôteliers et 3% d’agences en ligne ou de plateformes digitales. Au chapitre de leurs profils, ils sont autant chefs d’entreprise que salariés (48% chacun). Les indépendants composent 3% de l’échantillon du sondage. Une majorité des répondants (54%) se qualifient de spécialistes surtout des destinations étrangères. 32% se définissent comme des spécialistes des destinations étrangères et de la France.

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2 commentaires
  1. Adrien Raphaël Dennhardt dit

    c’est insupportbale de voir tant de sensasionnalisme, ça n’a rien à voir avec le COVID où on avait des morts dans le monde entier !!!!

    1. Linda Lainé dit

      Cher lecteur,
      Je comprends votre réaction, mais c’est simplement le ressenti de plusieurs professionnels qui, spontanément, ont indiqué que cette crise leur rappelait la période de la pandémie. La baisse d’activité et les difficultés financières deviennent difficiles, le manque de visibilité aussi.
      La rédaction

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