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Croisières : comment Jean-Yves Le Drian veut pousser l’industrie

Le ministre des Affaires Etrangères a rencontré les acteurs de la croisière à Marseille, et a défini des objectifs de développement.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères du gouvernement Macron, en charge du Tourisme, a fait le déplacement hier à Marseille, dans le cadre d’une table ronde organisée sur le thème de la croisière.

Le choix de Marseille ne s’est pas fait par hasard. Le port français pèse lourd dans l’industrie de la croisière :  1,6 million de passagers ont été accueillis en 2016 (contre 810 000 en 2011), générant 310 millions d’euros de retombées économiques directes et induites. En 2017, le port devrait enregistrer une fréquentation de 1,7 million de passagers croisières.

Objectif 2 millions de pax en 2020

Le ministre, qui s’est prêté très rapidement au jeu des questions après la visite des infrastructures portuaires, a résumé ses trois objectifs : assurer une meilleure connectivité aérienne internationale sur Marseille, dynamiser la promotion de la croisière à l’étranger et structurer l’offre touristique autour de la croisière pour rallonger la durée de séjour des touristes.

"L’objectif d’atteindre 2 millions de passagers à Marseille en 2020 est tout à fait envisageable", a-t-il estimé.

Un Seatrade en France ?

En marge de la table ronde, Erminio Eschena, président de la Clia France (Cruise Lines International Association), nous a détaillé les projets à venir. "Dans le cadre du développement de la croisière à Marseille, il faut absolument renforcer les vols internationaux depuis les forts marchés émetteurs, que sont la Chine, les Emirats Arabes Unis et les Etats-Unis", dit-il.

Pour ce qui est de la promotion, le président de la Clia lance une bouteille à la mer : "Je voudrais organiser un grand événement en septembre ou octobre 2018, à Paris ou à Marseille, qui regroupera tous les grands armateurs internationaux. Seatrade existe déjà à Miami et Hambourg. Atout France pourrait être notre partenaire". Selon lui, le ministre a validé l’initiative, dans l’objectif de promouvoir la France en tant que destination croisière.

Filière industrielle

Quant au sujet de la pollution des paquebots, accusés de dégager autant de particules fines qu’un million de voitures selon certaines études, Erminio Eschena (également directeur des affaires institutionnelles et des relations industrielles du groupe MSC), a tenu à préciser : "Les grands paquebots utilisent déjà du gaz naturel liquéfié beaucoup moins polluant qu’un carburant classique. Il faudrait que l’Etat accompagne les ports français dans l’approvisionnement de ce gaz. Le port de Marseille, qui fournit déjà les ferries en électricité, a la volonté de s’équiper en GNL. Cela représente une filière économique intéressante".

Au final, il s’est montré satisfait de ce premier déplacement de Jean-Yves Le Drian à Marseille : "C’est important que ce ministre régalien ait pris connaissance de l’univers de la croisière. En France, nous avons une force inouïe de disposer d’une filière industrielle complète, depuis le chantier naval de St Nazaire jusqu’au grand port de Marseille ! Il faut la valoriser avec l’aide de l’Etat", a-t-il conclu.

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