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Conflit au Moyen-Orient : ciel paralysé, galère et incertitude des voyageurs

Les frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran, suivies des ripostes de Téhéran, entraînent des perturbations significatives du transport aérien, avec des répercussions pour des centaines de milliers de passagers à travers le globe.

« Si mon patron me regarde : Johnny, je reviendrai plus tard cette semaine, enfin j’espère », lance à la chaîne SABC News un jeune passager bloqué à Johannesburg, en Afrique du sud, incapable de rentrer à Londres via son vol Emirates. Selon le cabinet spécialisé dans l’aéronautique Cirium, plus de 1 500 vols à destination du Moyen-Orient ont été annulés dimanche, soit 40% du trafic prévu.

« Ça casse l’image »

La rappeuse italienne BigMama, dont le vol en provenance des Maldives a été dérouté vers le désert près de Dubaï, a témoigné sur Instagram samedi: « On entend sans cesse des missiles au-dessus de nos têtes. Je suis terrifiée ». Les frappes iraniennes sur les Émirats ont fait trois morts et 58 blessés, en riposte à l’attaque israélo-américaine, selon le ministère de la Défense.

Des explosions ont été observées à Dubaï et Abou Dhabi, mais aussi à Ryad (Arabie saoudite), Doha (Qatar) et Manama (Bahreïn). Pour l’expert Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme, la situation porte un coup d’arrêt au « soft power » des monarchies du Golfe. « Ce qu’elles vendent, c’est la sécurité des biens et des personnes, (…) on parlait de Dubaï un peu comme de la Suisse alors forcément, ça casse l’image ».

La France prête à évacuer ses ressortissants « quand la situation le permettra »

Claudine Schwartz, touriste française logée au Royal Atlantis sur l’île artificielle Palm Dubaï, explique avoir entendu dès 17h samedi des détonations et vu des nuages de fumée. « On faisait un golf nocturne, on est rentré très vite. À l’hôtel, j’ai vu une boule de feu arriver vers nous. Et en même temps un message d’alerte sur notre téléphone pour nous dire de nous mettre à l’abri. On nous a mis au niveau le plus bas de l’hôtel », explique-t-elle.

« Vers 1h30 du matin, nous sommes remontés dans notre chambre avec la consigne de ne pas s’approcher des fenêtres. Aujourd’hui (dimanche), toutes les activités extérieures sont fermées. On est confiné à l’intérieur », raconte-t-elle. « De la salle de sport, je voyais ce matin vers 8h une grosse fumée noire venant d’un port je pense ». La France se tient prête à évacuer ses ressortissants qui se trouvent au Proche-Orient « quand la situation le permettra », a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

Vers une nouvelle crise d’ampleur ?

À des milliers de kilomètres de là, Farhad, un touriste voulant rentrer en Allemagne depuis le Cap (Afrique du sud), ne sait pas où il dormira ce soir. « Hier (samedi), nous n’avons eu aucune information de la compagnie. On doit chercher quoi faire : prolonger la location de voiture, l’hôtel… », souffle-t-il à Newzroom Afrika. Patrice Caradec, le président du Syndicat des entreprises du Tour Operating (Seto), estime que « quelques milliers » de clients français sont actuellement bloqués, non seulement dans le Golfe, mais aussi en Asie ou en Océanie. L’objectif est maintenant de mettre en place des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul, explique-t-il.

« Depuis le Covid, il n’y a pas eu d’autres crises de cette ampleur-là », relève Didier Bréchemier, expert au sein du cabinet de conseil Roland Berger, qui précise que contrairement à la guerre en Ukraine, ce conflit touche des « hubs aériens majeurs » par lesquels transitent quasi systématiquement les voyageurs se rendant dans les régions de l’océan Indien ou en Asie du Sud-Est.

Pour Didier Arino, qui indique que les compagnies aériennes du Golfe détiennent environ 45% du trafic entre l’Europe et l’Asie, les répercussions « se chiffrent d’ores et déjà pour le transport aérien en centaines de millions d’euros de pertes ». Et personne ne sait combien de temps durera ce conflit.

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