« Comment parler d’égalité quand le droit aux vacances devient un privilège ? » : la Ligue de l’enseignement adresse une lettre ouverte au gouvernement
Suite à la publication du Projet de Loi de Finances 2026, la Ligue de l’enseignement s’inquiète de voir certaines familles précaires privées de vacances.
« En 2023, ce sont 4,7 millions d’enfants qui ne sont pas partis en vacances, soit 2 enfants sur 5 », rappelle la Ligue de l’enseignement. Dans une lettre intitulée « Ne fermez pas la porte aux vacances de nos enfants », l’organisation s’adresse au gouvernement et s’inquiète de plusieurs mesures inscrites dans le Projet de loi de finances et le Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026.
Ceux-ci prévoient la suppression du dispositif Colos apprenantes, lancée à l’été 2020 à la suite de la pandémie de Covid-19, ainsi que la taxation à 8% du budget des activités sociales et culturelles des CSE. Deux décisions « incompréhensibles » et « absurdes » selon la lettre ouverte, signée par une cinquantaine de collectifs nationaux, dont le Secours catholique, plusieurs associations de scouts et CSE d’entreprises.
La ligue de l’enseignement rappelle que nombreuses sont les familles qui doivent encore faire « des vacances à la maison », et comptent ainsi sur leur CSE, « leur mairie ou les associations locales pour accéder à des séjours ou à des aides.
« Demain, avec la suppression des Colos apprenantes conjuguée à la réduction des moyens des CSE, c’est le droit aux vacances de centaines de milliers d’enfants qui va finir par disparaître », regrette l’organisation. Et de rappeler que les Colos apprenantes ont permis de faire partir en vacances 400 000 jeunes entre 2020 et 2024.
Impacts économiques
La Ligue alerte également sur les retombées économiques de ces décisions. « A brève échéance, elles entraîneraient une baisse immédiate du nombre de séjours organisés, mettant en péril des milliers d’emplois directs et indirects. Sur le long terme, c’est tout un écosystème local qui verrait s’effondrer une part essentielle de son économie. »
Les signataires appellent ainsi le gouvernement, qui adopte une politique de rigueur budgétaire afin de tenter de réduire la dette du pays, à « maintenir une politique publique ambitieuse pour les colonies de vacances », en renonçant à la taxation à 8% des activités sociales et culturelles des CSE. Et à « assurer des moyens aux territoires leur permettant de mettre en place une politique éducative et solidaire ».