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Comment le TGV low cost Ouigo démarre à 10€

  Les trains transporteront plus de passagers, rouleront plus et partiront depuis des gares périphériques. Les billets seront vendus en direct, et par des agences en ligne.

La SNCF a enfin dévoilé son offre low cost, baptisée Ouigo. Les billets, disponibles dès cet après-midi sur le site Internet www.ouigo.com, seront proposés à partir de 10 euros le Paris-Lyon, pour un voyage dès le 2 avril. Ouigo desservira, depuis Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Aix, Valence, Avignon et Nîmes.

"A partir du 2 avril, on proposera 3 A/R quotidiens et 4 le week-end, avec 400 000 places à 10 euros et plus d'un million de places à moins de 25 euros", a expliqué Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages. Au total, 4 millions de places, entre 10 et 85 euros, seront proposées par an. Par ailleurs, le billet pour les enfants de moins de 12 ans sera systématiquement de 5 euros et des tarifs de groupe, à partir de 20 euros seront également proposés.

Des rames sans wagon restaurant

Afin d'afficher des tarifs aussi compétitifs, la SNCF a réduit sérieusement ses coûts de production, près de 30%. La compagnie utilise ainsi des rames sans wagon restaurant (une activité déficitaire), ni première classe. Surtout, les sièges sont "moins volumineux" pour accueillir 20% de passager en plus que dans une rame classique (1268 places).

A l’instar des low cost dans l’aérien, la SNCF optimisera le temps d'utilisation de son matériel, qui roulera deux fois plus que les TGV classiques, grâce à des rotations plus rapides au terminus. Dans le but de gagner du temps, la SNCF a par exemple retiré les poubelles individuelles pour les remplacer par des containers situés dans les couloirs, et a prévu d’effectuer les opérations de maintenance la nuit.

Des recettes annexes

Autre astuce, seuls les "bagages cabines" capables de se glisser sous le fauteuil (55X35X25) seront autorisés, ainsi qu'un sac à main, le bagage étant facturé 5 euros. S'il n'est pas réservé en ligne, le bagage supplémentaire coûtera 40 euros. De quoi apporter, là aussi, comme pour les compagnies aériennes, des recettes annexes. Des économies seront également réalisées sur le contrôle et la réservation. Mais quatre chefs de bord, contre deux normalement, seront présents.

Il faudra en effet arriver 30 minutes avant le départ pour le contrôle, qui se fera sur le quai, et l’accès à bord sera fermé 5 minutes avant le départ. Quant aux billets, ils seront disponibles uniquement via Internet et ne seront pas remboursables, mais échengeables 4 heures avant le départ, pour 10 euros. Les agences en ligne pourront les distribuer.

Enfin, les départs et arrivées de ces trains se feront dans des gares périphériques, à Marne-la-Vallée ou Lyon-Saint-Exupéry par exemple. Les TGV seront ainsi immédiatement sur une ligne à grand vitesse ce qui permettrait d’économiser environ 30% sur l'utilisation de la voie.

Des frais cachés

Reste à savoir si cette nouvelle offre, complément de l’iDTGV qui se concentre sur les trajets de moins de trois heures, séduira sa cible. Aux prix de base, s’ajoutera en effet le prix du transport pour rejoindre les gares périphériques. Soit près de 7,3 euros entre Paris Gare du Nord et Marne-la-Vallée, puis la liaison entre Lyon-Saint-Éxupéry et Lyon Part-Dieu, 13,5 euros avec le "Rhônexpress". Surtout, le temps de trajet pour un Paris-Lyon pour ceux qui habitent en centre-ville pourra être multiplié par deux.

"L'objectif est d'attirer des clients qui ne prenaient pas le TGV (…) ce sera 30% moins cher. Aujourd'hui, 25% des Français prennent le TGV une fois par an", a expliqué Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, qui entend répondre à la crise et assurer le droit au voyage avec des prix low cost. "La priorité ce n'est pas la parisiens, qui habitent à l'intérieur du périphérique" mais les habitants des bassins de population autour des gares excentrées", a rappelé Guillaume Pepy.

Une distribution uniquement online

Par ailleurs, la CGT Cheminots, présente lors du lancement de cette offre devant la presse, a lancé une alerte sur" les dessous d'un TGV édulcoré". Selon un tract distribué, "le moindre incident matériel reporterait les voyages sans aucune garantie de délai, puisque ces usagers ne seraient pas autorisés à emprunter un TGV classique".

Toujours d'après la CGT, en effet, "aucune rame n'est disponible en réserve et aucun autre matériel ne pourra se substituer".

Sur la distribution, Barbara Dalibard a précisé que ces billets seraient disponibles via les agences en ligne, dont Voyages-sncf.com et qu'une quarantaine d'agences ont fait part de leur intérêt.

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