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Ce qui va changer pour vos clients

Cinq ans après le 11 Septembre, la menace terroriste pèse toujours sur le transport aérien mondial. Restrictions sur les objets emportés en cabine, fouilles renforcées… plus que jamais le voyage vers certaines destinations est un véritable parcours du combattant.

Le 10 août dernier, la Grande-Bretagne mettait au jour une tentative d’attentat de grande ampleur. Après la pagaille qui a résulté de cette annonce, de nouvelles mesures de sûreté ont été édictées et commencent à être unifiées dans tous les aéroports du monde. Revue de détail de ce qui attend vos clients.

Quelles sont les nouvelles mesures de sûreté appliquées dans les aéroports ?

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) impose désormais une fouille manuelle et systématique de tous les bagages de cabine des passagers au départ de France vers les destinations sensibles : Etats-Unis, Royaume-Uni et Israël. La DGAC rappelle que, plus généralement, les passagers passent déjà tous sous des portiques détecteurs de masses métalliques et que leurs bagages de cabine étaient contrôlés à 100 % aux rayons X pour tous les pays. Une fouille manuelle était ensuite opérée de manière aléatoire pour rechercher d’éventuels objets prohibés non détectés par les appareils. Les bagages en soute sont également contrôlés par rayons X.

Quels sont les objets prohibés dans les bagages à main ?

Suite au projet d’utilisation d’un explosif liquide dans la tentative d’attentat avortée, la plupart des pays européens (dont la France) ont interdit d’emporter en cabine toute substance liquide ou gel, toujours pour les destinations sensibles. Sont considérés comme des liquides : boissons, shampooings, lotions, crèmes, dentifrices, solutions pour lentilles de contact, gels coiffants et autres substances de même consistance. La Commission européenne devrait progressivement unifier ces interdictions. Il y a pour l’instant quelques disparités suivant les pays. Logiquement, les autorités britanniques sont les plus restrictives : elles ont aussi prohibé l’ensemble des cosmétiques comme le talc ou le mascara. Chez Aéroports de Paris, on précise que les cosmétiques sont toujours autorisés dans les bagages à main au départ de Roissy ou d’Orly mais que certaines compagnies ou sociétés de sûreté peuvent être tentées de faire du zèle. Les seuls liquides autorisés sont les laits pour bébé et les médicaments liquides, à condition que les passagers aient leur ordonnance sur eux.

Que peut-on acheter dans les boutiques de duty free ?

Aéroports de Paris a fait circuler une note dans toutes les zones commerciales de Roissy et d’Orly. Pour les destinations sensibles, les commerçants précisent aux passagers quels sont les objets qu’ils peuvent acheter. Les parfums, alcools sont pour l’instant prohibés. ADP précise toutefois que si ces mesures de sûreté se pérennisaient, il faudrait trouver d’autres systèmes de vente pour ne pas pénaliser l’activité des boutiques sur des axes à fort trafic. On pourrait par exemple appliquer les règles existantes dans certains pays, où les passagers ne récupèrent leurs achats qu’à l’entrée dans l’avion ou une fois qu’ils sont parvenus à destination.

Quelles sont les conséquences sur les temps d’attente à l’enregistrement et à l’embarquement ?

Immédiatement après l’annonce de la découverte du projet d’attentat, de fortes perturbations de trafic avaient résulté de l’application des nouvelles mesures. Deux semaines plus tard, la situation s’est normalisée. Les compagnies n’ont pas augmenté les heures limites d’enregistrement, mais conseillent toujours aux passagers à destination des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou d’Israël de prendre une marge suffisante (3 heures avant le départ pour les Etats-Unis).

Quelle politique est adoptée par les compagnies low cost ?

Les nouvelles mesures de sûreté vont à l’encontre de la pratique des compagnies low cost, qui encourageaient ces derniers temps les passagers à se contenter de bagages à main pour faire des économies en réduisant les procédures d’enregistrement. C’est pourquoi Ryanair et Easyjet ont déjà annoncé qu’elles allaient désormais faire payer les bagages en soute. Ryanair facture déjà 5 livres (7,3 E) tout bagage en soute. Elle prend par ailleurs 5,5 livres (8 E) par kilo supplémentaire et va réduire à partir du 1er novembre de 20 à 15 kilos le poids maximum autorisé pour les bagages en soute. Easyjet a pour sa part annoncé qu’à compter du 1er septembre, elle facturerait 5 livres tout bagage supplémentaire (10 livres lors de l’enregistrement à l’aéroport). Elle prendra par ailleurs une surtaxe de 5 livres par kilo supplémentaire avec un poids maximum de 20 kg en soute.

Les mesures sont-elles les mêmes dans tous les aéroports ?

Conseillez à vos clients de contacter les compagnies aériennes avant le départ pour se faire préciser le type de bagage à main autorisé. Au départ de France, il n’y a pas de restrictions autres que les objets prohibés. En revanche, depuis la Suisse, un seul bagage à main est autorisé, avec des dimensions maximales de 50x40x20 cm. Ces dimensions sont réduites à 45x35x16 cm au départ de Grande-Bretagne, soit la taille d’un attaché case ou d’une sacoche d’ordinateur portable.

Y a-t-il d’autres mesures de sûreté en préparation ?

Au-delà des contrôles biométriques (reconnaissance par la rétine, empreintes digitales…) qui commencent à se répandre dans certains aéroports européens après ceux des Etats-Unis (en particulier pour les passagers fréquents), la Commission européenne va proposer d’améliorer l’échange des données sur les passagers aériens (nom, n° de carte de crédit, adresse à destination…) entre les pays de l’Union. Ce système est déjà en vigueur entre l’Europe et les Etats-Unis, le Canada et l’Australie.

Qui va payer ?

Au lendemain du 11 Septembre, une taxe de sûreté avait été créée pour couvrir les frais de contrôle des bagages et tout ce qui concerne l’amélioration de la sûreté des passagers dans les aéroports. C’est une taxe perçue par l’Etat et reversée aux gestionnaires d’aéroports. Elle est variable selon les plateformes mais elle est plafonnée à 9,5 E par passager. Si les nouvelles mesures sont pérennisées, il serait logique que cette taxe augmente. Récemment, le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (Iata) a exhorté les Etats à prendre à leur charge le surcoût de dépenses liées à l’application de ces nouvelles mesures. Même s’il n’a pas encore chiffré leur impact financier, il précise que la charge additionnelle depuis les attentats de 2001 en matière de sécurité et de sûreté est de 5,6 milliards de dollars par an (4,4 milliards d’E). Le PDG de Lufthansa, Wolfgang Mayrhuber, estime que les contrôles supplémentaires pouvaient rapidement coûter 3 à 4 E en plus par passager.

Quelles vont être les conséquences sur l’activité des tour-opérateurs ?

es tour-opérateurs ?

Les spécialistes des destinations sensibles concernées ne déplorent pas de vagues d’annulation, mais les réservations futures pourraient être pénalisées. Les TO spécialistes des Etats-Unis reconnaissent que ces nouvelles mesures n’améliorent pas une situation déjà dégradée par le problème des passeports électroniques. Nos clients sont plutôt dociles et semblent peu à peu s’habituer aux exigences exceptionnelles de sécurité. Nous leur conseillons de venir à l’aéroport au moins 3 heures avant le départ. Malgré les circonstances, nous avons déjà des demandes de devis pour l’été 2007, ce qui est plutôt encourageant, explique-t-on chez Jetset Equinoxiales.

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