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Boeing encore dans le rouge au 3e trimestre à cause de son futur gros porteur 777X

Le constructeur aéronautique américain déplore des charges conséquentes due au retard de certification de son Boeing 777X.

Boeing a de nouveau annoncé mercredi une lourde perte trimestrielle, malgré un fort rebond de ses livraisons. Le constructeur l’explique par la charge conséquente due à son programme de bi-couloir 777X, très en retard.

La perte nette atteint 5,34 milliards de dollars entre juillet et septembre, creusée par une charge de 4,9 milliards de dollars avant impôts. Ce n’est pas la première fois que Boeing pâtit du 777X, son nouveau gros porteur biréacteur supposé être le fleuron de sa flotte.

Un avion qui devrait voler depuis 2020

Il avait notamment inscrit une charge avant impôts de 3 milliards de dollars au troisième trimestre 2024, en partie imputée à ce programme, et une de 6,5 milliards dès le quatrième trimestre 2020 totalement attribuée à ce programme. D’autres charges, non ventilées entre les programmes concernés, ont aussi été nécessaires au fil des ans.

Le 777-9, première version du programme qui en prévoit trois, a été présenté en 2013 et devait entrer en exploitation en 2020. Il n’est pourtant toujours pas certifié par le régulateur de l’aviation civile (FAA).

Depuis de longs mois, la direction assurait que les premières livraisons se dérouleraient en 2026. Mais des informations de la presse évoquaient, début octobre, un décalage à 2027 – entraînant une charge entre 2,5 et 4 milliards.

Première livraison en 2027

Kelly Ortberg, patron du groupe, l’a confirmé mercredi dans un message aux employés : « la finalisation du programme de certification prend davantage de temps que prévu. (…) Nous anticipons désormais la première livraison du 777-9 en 2027 ».

Lors d’une audioconférence avec des analystes, il a assuré qu’il n’y avait aucun problème avec la structure ou les moteurs. « Le problème que nous avons est avec le processus de certification. (…) C’est totalement hors de notre contrôle », a-t-il expliqué sur CNBC. Le dirigeant a par ailleurs précisé que la paralysie budgétaire (le « shutdown »), qui dure depuis trois semaines, n’avait aucun impact à ce stade. « Ce n’est pas ce qui a entraîné cette charge », a-t-il affirmé.

Le nouveau directeur financier, Jay Malave, s’est également exprimé pendant l’audioconférence. Il a rappelé que le programme générerait une trésorerie positive à partir de 2029. Le décalage de l’entrée en exploitation devrait entraîner un manque-à-gagner de 2 milliards de dollars en 2026.

Le géant ferraille aussi pour la certification des 737 MAX 7 et MAX 10, désormais anticipée pour 2026 avec plusieurs années de retard. C’est le système antigel des moteurs qui lui donne surtout du fil à retordre.

Reprise de la production

Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires de Boeing a bondi de 30% sur un an, à 23,27 milliards de dollars, profitant d’une reprise de la production et des livraisons après la crise provoquée par un incident en vol en janvier 2024 et une longue grève dans deux grosses usines à l’automne.

L’avionneur vient d’avoir l’autorisation de la FAA pour augmenter à 42, contre 38 auparavant, la production mensuelle des 737 MAX 8 et MAX 9, et a accéléré celle du 787 Dreamliner de cinq à sept, visant huit fin 2025 et dix en 2026. A fin septembre, le carnet de commandes total atteignait 636 milliards de dollars. Boeing est le plus gros exportateur américain.

A noter que Boeing affiche un flux de trésorerie positif – 1,12 milliard de dollars, pour la première fois depuis le quatrième trimestre 2023. M. Ortberg s’est en revanche montré peu disert sur la grève dans plusieurs usines américaines fabriquant des appareils militaires, commencée le 4 août.

Des livraisons toujours retardées

Les quelque 3.200 grévistes ont rejeté dimanche, à une courte majorité, la quatrième offre de contrat social soumise depuis fin juillet. Le groupe « applique son plan de gestion de crise », a stipulé M. Ortberg. « L’impact a été immatériel » sur les comptes, a souligné M. Malave.

Boeing, qui a notamment lancé le recrutement d’ouvriers « permanents » pour remplacer les grévistes, affirme que les livraisons de sa branche Défense, Espace, Sécurité (BDS) ne sont pas affectées.

Mais, pour le syndicat des machinistes (IAM), « Boeing n’a pas été en mesure de trouver des ouvriers avec les compétences et l’expérience de nos membres, et les livraisons du groupe continuent d’être retardées en conséquence ».

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