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Avis Budget : « Nous ne retrouverons pas la flotte de 2019 avant 2023 »

Violence de la crise, adaptions, électrification, digitalisation des contrats : avec Pierre-Olivier Bard, le directeur France d’Avis Budget Group, nous avons fait le tour de l’actualité du loueur.

« Avis est entré dans la crise avec une situation plutôt confortable. Avec plus d’un milliard de dollars en cash, nos liquidités étaient assez bonnes. Elles nous ont permis d’encaisser, dans un premier temps, l’arrêt complet de l’activité » explique Pierre-Olivier Bard, le directeur France d’Avis Budget Group. En effet, en mars et en avril 2020, l’activité du loueur américain a chuté à hauteur de -95%, dans le monde et en France.

Pour éviter de perdre trop d’argent, Avis France a mené plusieurs actions pour optimiser ses coûts, explique-t-il. Le loueur a stoppé ses livraisons de véhicules neufs, enclenché la restitution de nombreux véhicules (autrement appelé « buy-back »). Enfin, Avis a commencé à revendre une partie des véhicules de sa flotte. Par ailleurs, l’entreprise a reçu l’aide du gouvernement en France. « Mais la question ensuite était de savoir combien de temps on pouvait tenir avec une activité si faible ? », rappelle Pierre-Olivier Bard.

Avis Budget a réduit sa flotte de 38% 

Si l’entreprise n’a jamais eu l’obligation de fermer, même avec un « été 2020 correct », elle maintient difficilement 45% de l’activité par rapport à 2019. Les 400 stations d’Avis en France sont essentiellement basées dans les aéroports ainsi que dans les gares, et donc très tributaires de leurs fréquentions. « Sans les étrangers, c’est difficile pour nous d’être rentable. Notre activité comprend 60% de loisir et 40% de professionnel. Finalement en 2020, le B2B n’est jamais revenu. Et la saison de ski n’a pas eu lieu. »

Heureusement, alors que l’année s’achève, Avis a fini de retravailler sa flotte qui compte 38% de voitures en moins par rapport à 2019. Les pertes financières sont de facto fortement réduites.

En 2021, les mois de mai et de juin sont restés très calmes, tout comme l’été. «Il y a eu une légère reprise du marché américain mais toujours pas de de touristes du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique. Et avec le pass sanitaire, toutes les réservations se sont arrêtées. Nous avons alors eu énormément de reports de vacances. Au final, nous terminons la saison d’été 2021 avec une activité à nouveau en berne de 35% « , versus 2019.

En août et septembre, les Anglais reviennent, les Américains sont plus nombreux, le voyage d’affaires reprend des couleurs. La baisse d’activité atteint « seulement » 25 % par rapport à 2019. Malgré tous ces signes encourageants, le dirigeant l’assure : « On ne reviendra pas à l’activité de 2019 tout de suite. Les budgets voyages ne sont pas les mêmes non plus. Nous ne pensons pas retrouver une flotte comme en 2019, avant 2023. »

Electrification et digitalisation 

En attendant un retour à la normale, Avis poursuit le renouvellement de sa flotte avec des véhicules électriques et hybrides. Le but étant d’en avoir 100 000 fin 2021. « Nous en avons 50 000 en ce moment, dont 30% sont hors service à flux constant. » Car si la volonté est là, l’électrification des véhicules est un vrai casse-tête pour les loueurs. « Les infrastructures ne sont pas prêtes encore. Il n’y a pas assez de bornes. Nous sommes souvent dans les derniers niveaux des parkings ou la législation empêche l’installation de bornes. »

Beaucoup de budgets « recherche » ont été mis en sommeil. Mais la recherche de flexibilité maximale pour le client se poursuit, avec l’annulation jusqu’à 24 h avant le départ, la location au mois, ou encore le remboursement sous 5 jours. Autre enjeu de taille : la digitalisation du processus de location chez Avis. « Nous planchons sur un système qui permet de finaliser le contrat avant même d’aller en station. Quand il arrive sur place, tout est déjà signé. Soit par Messenger soit par téléphone. Cela existe déjà dans trois pays. »

Parmi les autres nouveautés, dans six stations françaises, les clients « prefered » n’ont plus besoin d’aller au comptoir. Ils reçoivent toutes les informations par téléphone et quand ils arrivent, « le véhicule est ouvert avec la clef dedans ». Quant au système de boîte à clef numérique, Avis travaille dessus. « Mais il y a des normes de sécurité drastiques. »

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