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Après les municipales, la SNCM menacée d’un démantèlement

D’après le Canard Enchaîné, malgré le soutien financier de la Caisse des Dépôts et la BPI, la compagnie n’est pas à l’abri d’une découpe de ses activités ou de l’arrivée d’un repreneur prédateur.

Les engagements pris par l’Etat pour sauver la SNCM auront permis d’éviter l’explosion sociale à Marseille, mais pas à la gauche de gagner les élections municipales dans la cité phocéenne. Le scrutin passé, le sort de la compagnie maritime pourrait-il basculer ?

D’après un article du Canard Enchaîné publié ce mercredi, le scénario d’un démantèlement se fait de plus en plus menaçant. Certes, explique l’hebdomadaire, la Caisse des Dépôts (actionnaire à 33% de la SNCM par le biais de Transdev, société qu'elle possède à 50/50 avec Veolia) et la Banque publique d’investissement "vont annoncer, le 28 avril, qu’elles acceptent de financer" les quatre nouveaux navires que la compagnie compte commander, pour un montant de 700 millions d’euros. "Mais à condition que l’Etat apporte sa garantie totale", explique un dirigeant de la Caisse des dépôts cité par le Canard Enchaîné.

Bruxelles surveille de près la compagnie

En clair, si la SNCM venait à ne pas payer, "ce qui risque fort de se produire" poursuit le journal, il reviendrait à l’Etat de supporter le coût de la commande. Une intervention que Bruxelles ne manquerait pas de considérer comme une subvention déguisée, illégale donc, au même titre que les 440 millions d’euros d’aides publiques dont elle exige déjà le remboursement.

Pour sortir de l’impasse, le patron de Veolia (groupe qui, comme la Caisse des Dépôts, détient 33% de la SNCM via Transdev) souhaite depuis des mois se désengager de la compagnie, et a tenté d’obtenir, fin 2013, le dépôt de bilan de la SNCM. En vain.

D’après le Canard Enchaîné, un autre montage aurait donc été imaginé par Veolia : scinder la compagnie en deux sociétés. "L’une prendrait tout ce qui a de la valeur (trafic vers la Corse, bateaux, etc.) et ne conserverait qu’un millier de salariés, explique le journal. Dans l’autre, on placerait les lignes déficitaires (notamment vers le Maghreb), les 600 millions de dettes (dont les 440 millions à Bruxelles) et 1500 marins. Et cette seconde société, à peine constituée, déposerait le bilan." Evacuant ainsi les sujets qui posent problème.

Tentative de renversement au conseil de surveillance

Pour mener à bien ce plan, le patron de Trandev, un proche de François Hollande, a tenté d’obtenir le 14 avril la révocation du président du conseil de surveillance de la SNCM, opposé à tout dépôt de bilan. Mais la requête a été rejetée par les représentants de l’Etat (qui détient 25% de la compagnie) et des salariés (qui contrôlent 9% du capital).

Dans ces conditions, l’arrivée d’un repreneur pourrait être le dernier recours. D’après le Canard Enchaîné, "le ministre des Transports en aurait trouvé un à l’arrachée", à savoir l’entreprise norvégienne Siem. Une réunion à ce sujet s’est tenue à Paris le 31 mars dernier. Mais quelles sont les réelles ambitions de cet éventuel sauveteur ? Il aurait exigé 800 millions d’euros pour prendre la barre. Et selon "un fin connaisseur du dossier", il aurait le profil d’un prédateur, désireux de mettre la main sur les navires de la compagnie plutôt que lui assurer un avenir.

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