Accident de funiculaire à Lisbonne : le câble n’était pas aux normes
L’enquête sur l’accident de funiculaire qui a fait 16 morts début septembre à Lisbonne a déterminé que le câble n’était pas aux normes.
Dans son rapport préliminaire, le Bureau d’enquête sur les accidents aériens et ferroviaires (GPIAAF) conclut que le câble reliant les deux cabines du funiculaire de la Gloria à Lisbonne, dont la déconnexion a provoqué le déraillement meurtrier d’une d’entre elles, n’était pas aux normes fixées par son opérateur Carris, ou « Companhia Carris de Ferro de Lisboa » (CCFL).
« Le câble n’était pas conforme aux spécifications en vigueur à la CCFL afin d’être utilisé pour l’ascenseur de la Gloria », peut-on lire dans ce document de 35 pages. En attendant la publication de son rapport final, prévu dans un délai d’un an après l’accident, l’agence a recommandé que les autres ascenseurs de la capitale portugaise restent à l’arrêt, comme c’est le cas depuis l’accident du 3 septembre, afin de garantir qu’ils disposent de systèmes de fixation des câbles et d’appareils de freinage « capables d’immobiliser les cabines en cas de rupture du câble ».
Des doutes sur l’exécution des travaux de maintenance
Les enquêteurs du GPIAAF ont en outre indiqué dans leur rapport que les opérations régulières d’entretien avaient bien été « enregistrées comme exécutées », sauf qu’ils ont également « recueilli des éléments selon lesquels ce registre ne correspond pas aux tâches réalisées effectivement ». Carris avait jusqu’ici affirmé que les travaux de maintenance, effectués depuis plusieurs années par un sous-traitant, avaient toujours été réalisés dans les délais.
Les éléments préliminaires du GPIAAF avaient déjà établi que le conducteur de la cabine avait bien activé les deux systèmes de frein dont elle dispose, mais ceux-ci n’étaient pas conçus pour arrêter le wagon sans l’aide de l’effet de contrepoids.
Le funiculaire de la Gloria, qui date de 1914 dans sa configuration actuelle, est composé de deux wagons jaunes, pouvant accueillir 42 personnes. Les véhicules montent et descendent alternativement par un système de contre-poids sur un dénivelé de 45 mètres sur 276 mètres de long.
