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3 Kiji

Torche argentée

Le ronronnement des moteurs n’est brisé que par le cri des cormorans. Après une nuit de navigation, à 400 kilomètres de Saint-Pétersbourg, le petit matin est un rêve au fond de l’immense lac Onega. Après un bref rougeoiement, le soleil redevient blafard et transforme en vieil argent l’eau du lac comme le ciel. L’archipel de Kiji se dévoile lentement, d’abord comme un trait d’encre de Chine. Puis émerge d’entre les berges un point qui monte petit à petit comme une torche argentée, l’église d’été de la Transfiguration du Saint-Sauveur, construite en 1714 pour desservir les villages ruraux de ce coin perdu de Carélie. L’impression de flamboiement est provoquée par 20 000 tuiles en bois de tremble, dont les teintes varient selon l’orientation des rayons de lumière. Elles recouvrent les 22 bulbes du clocher, étagés en quatre niveaux selon un plan octogonal. Le tout posé sur une ossature de rondins de pin taillés à la hache et assemblés sans le moindre clou. En terminant cette merveille, le charpentier, selon la légende, aurait jeté sa hache au fond du lac en s’écriant : « Il n’y aura jamais rien de pareil ! ». Sans le vert de l’herbe et des roseaux, quand la neige ne recouvre pas tout, ce prodige d’architecture et de travail du bois ressemble à un dessin au fusain noir et blanc. Les cloches tintent tandis que les visiteurs, atteignant cet îlot isolé, effectuent leur pèlerinage dans et autour de l’édifice, puis dans la petite église d’hiver, la ferme et le moulin, seules autres constructions du voisinage. Plus tard, le bateau s’éloigne en glissant. Sur le fond pâle et laiteux tourmenté de nuages charbonneux, l’image irréelle s’efface progressivement.

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