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Voyagistes : l’hiver démarre fort malgré la chute des États-Unis et de la Tanzanie

Les incertitudes politiques et économiques n’entament pas les envies d’évasion des Français. Après une année 2025 positive, les tour-opérateurs enregistrent un nombre de réservations encourageant sur les prochains mois.

Le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) a fait les comptes, sur l’année écoulée et sur la saison hiver. À l’issue de l’exercice annuel 2025 se terminant le 31 octobre, le nombre de clients enregistrés par ses membres demeure stable, avec un panier moyen en hausse de 2%. Ces données concernent les voyages à forfait. « Nous ne collectons plus les vols secs », précise à L’Écho touristique Patrice Caradec, président de l’organisme réunissant 70 TO.

La France et le moyen-courrier tirent l’activité 2025

Sur l’exercice annuel tout juste bouclé, l’activité est tirée par la France « qui a bien performé » et par le moyen-courrier. Le Maroc, la Tunisie et surtout l’Égypte tirent leur épingle du jeu.

En revanche, les États-Unis « n’ont pas été à la hauteur » et dévissent de 15% en nombre de passagers. Idem s’agissant de la Tanzanie (-15%).

Malgré les bonnes performances de Zanzibar, la Tanzanie a reculé de 15% au cours de l’été 2025. Le casse-tête aérien risque de perdurer. Et pour cause : les compagnies aériennes du pays restent sur la liste noire de l’Union européenne.

Hiver 2025/26 : des clients en hausse de 7%

Quid de l’hiver 2025/26 ? « Je suis agréablement surpris par les premiers chiffres marquants de l’hiver », a indiqué Patrice Caradec lors du récent congrès du réseau Selectour en Afrique du Sud. Au 31 octobre, les tour-opérateurs membres du Seto ont engrangé 60% des réservations attendues sur l’hiver, pour les départs à compter du 1er novembre. « C’est plutôt bien », commente-t-il.

congrès Selectour
Valérie Boned (EdV), Mumtaz Teker (APST) et Patrice Caradec (Seto) au congrès Selectour fin novembre 2025. © Linda Lainé

« A date, nous sommes en progression de 7% en nombre de passagers, versus l’hiver dernier, et de 9% en chiffre d’affaires. On est tous assez ravis de ces premières tendances. » Le panier moyen reste ainsi en augmentation de 2%.

Cette performance rejoint l’analyse de Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour. Le tourisme « se maintient correctement », a-t-il souligné, à commencer par le voyage sur mesure. En revanche, depuis les mois d’octobre et de novembre, le business travel « baisse de 7% à 8% » en raison des incertitudes politiques. 

Le ski en France et l’Égypte en force

Chez les voyagistes, la saison hivernale est tirée par la France, grâce notamment à l’envolée de 16% du nombre de clients au ski. Le moyen-courrier surperforme également, à l’image de l’Égypte (+57% de passagers) et du Maroc (+15%).

Au niveau du long-courrier, le Vietnam cartonne. « Ce sera une grande année Vietnam », qui enregistre déjà une progression de 15%. La Tanzanie décroche toujours (-15%). Le Seto « se bat pour retrouver une Tanzanie digne de ce nom prochainement ». Mais pour l’instant, pas l’ombre d’une amélioration. D’ailleurs, le pays fait face à des manifestations d’ampleur.

Patrice Caradec a rappelé que les tendances représentent les données agrégées des membres du Seto, incluant les groupes et la vente directe. L’ancien patron d’Alpitour en a profité pour souligner la difficulté de sourcer de bons produits tels les clubs de vacances qui génèrent 35% à 40% de l’activité. La tribune du congrès de Selectour lui a permis d’adresser des messages aux agences, qui s’irritent de l’essor des ventes non B2B.

Groupes et ventes directes, indispensables pour le Seto

Pour lui, le produit club implique une prise de risques considérable, dans un marché concurrentiel. « Des marchés émergents comme la Pologne et la République tchèque sont en train de récupérer les bonnes places au soleil qu’on avait sur le marché français. Et les clients italiens, allemands, polonais, tchèques achètent souvent plus chers que les Français. Ceci intéresse énormément les hôteliers, vous pouvez le comprendre », a ajouté l’ancien dirigeant de TO. 

Les TO étrangers disposeraient ainsi de liquidités importantes pour s’engager tôt et cher, tandis que les acteurs français doivent surveiller leur BFR. Et le patron du syndicat d’ajouter : « comprenez que s’il n’y a pas de groupes, s’il y a de ventes directes, c’est difficile d’avoir du cash permettant de sourcer les produits, et de ne pas se les faire piquer par nos voisins étrangers. Pour avoir de bons produits, il faut des TO solides. »

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