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Tendance : des vacances de plus en plus insolites dans l’Hexagone

La crise sanitaire devrait encore accentuer un phénomène qui monte en puissance depuis plusieurs années, incitant le marché à se structurer.

Tiny House, maisons de hobbit et incontournables cabanes dans les arbres : l’hébergement insolite compte toujours plus d’adeptes. Les cabanes dans les arbres ont d’ailleurs vu leur nombre grimper en flèche, avec des implantations en hausse de 257% depuis 2012*. Là où la tendance se confirme plus encore, c’est que le panier moyen a lui aussi augmenté de 17% ces deux dernières années sur le site d’Abracadaroom, spécialiste de l’hébergement insolite qui publie ces données collectées en partenariat avec le cabinet Alliances. Le panier moyen atteint ainsi les 224 euros.

Un marché de 260 millions d’euros en 2019

D’après l’étude d’Abradadaroom, le marché de l’insolite pesait 260 millions d’euros en 2019, porté par une clientèle française à de rares exceptions près, la clientèle étrangère représentant moins de 5% des hôtes. “L’insolite se porte bien et bénéficie du changement des habitudes de voyage : les français voyagent plus et plus près. La fonction de recherche « à moins de 2 heures de… » est très utilisée sur le site AbracadaRoom, constate le spécialiste. Le modèle de 2 à 3 semaines de vacances consécutives l’été a tendance à disparaître : on se fait plaisir sur une plus courte durée. Certains veulent éviter la foule en partant en moyenne ou basse saison et en semaine, quand cela est possible.” Une tendance qui devrait s’accentuer en 2021 au regard du contexte sanitaire qui pousse les vacanciers à rester… dans leur bulle.

D’autant que ces hébergements insolites vont généralement de pair avec une immersion en pleine nature, autre tendance marquante sortie elle aussi renforcée du premier confinement. Ainsi que le soulignait récemment une étude de Booking sur les tendances du voyage post-covid, depuis le début de la pandémie, le nombre de recommandations pour des séjours permettant de profiter de la nature (44%) et des plaisirs simples comme la randonnée (94%), l’air pur (50%) et la détente (33%), a fortement augmenté sur Booking.com. Une enquête qui montrait également que 70% des voyageurs français souhaitent apprécier davantage les moments passés dehors ou en famille. Plus de la moitié des sondés (57%) rechercheront des expériences plus rurales et éloignées des sentiers battus, pour renouer avec la nature.

Un label pour les hébergements insolites

La tendance n’a pas échappé aux investisseurs. Fin 2019, Coucoo annonçait ainsi une levée de fonds de 3,5 millions d’euros auprès de BpiFrance et BazarChic. L’augmentation de capital de 3,5 millions d’euros avait alors pour but principal de soutenir la croissance du groupe, notamment en Europe. Et il en faut, des moyens, pour construire des “cabanes” qui montent en gamme. Chez Coucoo, chacune coûte aux alentours de 100 000 euros. Des nids très douillets qui affichaient l’an dernier un taux d’occupation entre 75% et 80% sur une période allant de mars à novembre.

Bien sûr, toutes les cabanes n’offrent pas le même niveau de prestation. Pour éviter les mésaventures, naissait ainsi en juin dernier le premier label professionnel entièrement dédié aux hébergements insolites. “Des dizaines de professionnels du tourisme ou de Français en reconversion se lancent chaque année dans le périlleux monde de l’hébergement insolite, avec plus ou moins de succès”, observe ainsi Adeline Lenoir, la créatrice de ce label. D’où l’idée de leur éviter certains écueils. Le label Hôtes-Insolites est basé sur les spécificités de l’hébergement insolite en termes d’accueil, de réglementation ou d’écologie. Des spécificités qui compliquent aussi pour ces hébergements la possibilité d’obtenir les autres labels en vigueur dans le secteur. A ce jour, 28 sites sont labellisées, 3 sont en cours de labellisation, et 6 dossiers ont été refusés.

L’engouement pour ces ovnis de l’hébergement attise en tout cas la curiosité des acteurs dits “traditionnels” de l’hôtellerie. En 2018, Accor se lançait ainsi dans le développement d’hôtels éphémères, les “Flying Nest”. Nomades, ces cocons aménagés dans d’anciens containers maritimes permettent de créer de toute pièce de l’hébergement dans le cadre d’un événement (festival, course automobile) ou de faire naître une destination éphémère, avec par exemple un village au bord de mer qui disparaîtrait sans laisser de traces. L’insolite a aussi séduit l’hôtellerie de plein air, et de nombreux sites disposent désormais de cabanes, yourtes, lodges et autres tipis. Alors que ce secteur de niche se structure pour devenir un marché à part entière, il contribue aussi à renouveler l’offre des opérateurs historiques.


*Données de l’Observatoire de l’insolite.

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