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SNCM : le gouvernement plaide pour un redressement judiciaire

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé samedi que ce scénario est devenu nécessaire pour "donner un avenir" à la compagnie. Les syndicats dénoncent une volonté de démanteler l’entreprise.

La SNCM peut-elle encore échapper à un redressement judiciaire ? Samedi, dans une interview au quotidien La Provence, le secrétaire d’Etat aux Transport, Frédéric Cuvillier, a pour la première fois soutenu publiquement cette solution, alors que la grève des salariés dure depuis près de deux semaines.

"La voie du redressement judiciaire" favorisée par "la direction de l'entreprise" est "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu'elle redevienne un fleuron", a déclaré le ministre, précisant qu'il venait d'écrire "dans ce sens" aux organisations syndicales.

Ce choix se justifie, selon lui, par une double "épée de Damoclès" qui menace la compagnie : celle de la trésorerie qui "pèse sur la pérennité de l'entreprise à court et à moyen terme" et celle des "contentieux européens", la SNCM étant condamné par Bruxelles à rembourser un total de 440 millions d’euros d'aides publiques jugées illicites.

Une solution soutenue par l'actionnaire principal

"Négocier prend du temps et l'Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n'a pas à le faire. Il ne peut, de toutes façons, légalement pas le faire, a-t-il poursuivi. Cela veut dire que si l'on veut échapper aux contentieux, il faut changer l'organisation de la société. Il ne faut pas qu'il y ait une continuité d'activité dans les mêmes conditions. Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas."

La solution de la procédure judiciaire est soutenue depuis plusieurs mois par le groupe Transdev (détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts), principal actionnaire de la SNCM, qui considère qu’elle permettrait de mettre la compagnie à l’abri des amendes européennes.

Frédéric Cuvillier, dont les déclarations ont reçu dimanche le soutien du premier ministre Manuel Valls, estime par ailleurs que le plan industriel de redressement initialement validé début janvier par l'Etat n’est pas réalisable en l’état. Il faudra "moderniser la flotte" de la compagnie, reconnaît-il, mais celle-ci "n'est pas en mesure aujourd'hui de passer commande de nouveaux navires", alors que la construction de quatre bateaux était prévue par le plan. Le ministre évoque en outre la nécessité de "financer un plan social solide, en plus des départs volontaires", alors qu’un plan de départs de 500 postes (sur 2600) est déjà lancé.

L'exaspération des acteurs économiques corses

Ces déclarations ont déclenché la fureur des syndicats, à commencer par la CGT. Son représentant Frédéric Alpozzo, a estimé que le redressement judiciaire était "un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements" et a accusé Frédéric Cuvillier d’être "un menteur et un liquidateur".

Dans ces conditions, y a-t-il encore un espoir de voir la grève se terminer rapidement, alors que la haute saison touristique a débuté ? Le blocage attise en tout cas la colère des acteurs économiques corses, en particulier ceux du tourisme, qui constatent déjà une importante perte d’activité. Un nombre croissant d’entre eux appelle désormais l’Etat à intervenir, y compris par la force.

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