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SkipTax, la start-up qui veut réinventer la détaxe

Avec son application et un process 100% digital, SkipTax entend bien chahuter les acteurs historiques du secteur.

C’est un nouveau venu sur le marché de la détaxe, qui arrive avec une application “garantie dans paperasse et sans frais cachés”. C’est en tout cas la promesse de SkipTax, start-up aux croisements de la Fintech et de la Traveltech, qui attaque un marché occupé par des poids lourds. Pour mémoire, la détaxe est un système qui permet aux voyageurs étrangers n’étant pas issus d’un pays de l’Union européenne d’être remboursés d’une bonne part de la TVA sur leurs achats exportables. Un « cadeau fiscal » qui est loin d’être désintéressé : le shopping est un fort levier d’attractivité pour les destinations. Ces opérations de détaxe sont réalisées par des intermédiaires qui se rémunèrent en prenant un commissionnement. Au niveau mondial, le marché se répartit essentiellement entre Global Blue et Premier Tax Free (Planet Eurazeo). Mais des challengers font leur apparition. Parmi eux SkipTax, qui compte bien faire du point faible des géants du secteur – la digitalisation – son principal argument.

« L’idée est venue parce qu’autour de nous, nous connaissions des gens qui avaient des déboires dans leur expérience de détaxe », raconte Raphaël Salama, l’un des trois cofondateurs de SkipTax. « C’est un secteur qui n’a connu aucune évolution depuis sa création, juge-t-il. Il y a un manque d’efficacité total et de simplicité. » Et la start-up d’égrener les chiffres. « En 2018, malgré 15 millions de touristes*, ce sont à peine 2 millions de visiteurs qui ont profité du dispositif. Comment expliquer un tel écart ? Tout d’abord, la majorité des petits commerçants n’y accèdent tout simplement pas. En effet, le seuil minimal d’achat par magasin, fixé par la réglementation française à 100 euros depuis le 1er janvier 2021, exclut les petites dépenses. Mais cela n’explique pas tout. Il y a également un déficit d’information sur ce dispositif, que peu de touristes connaissent. Enfin, des procédures administratives longues et chronophages finissent de rebuter les candidats à la détaxe », considère la jeune entreprise.

Et si la marge de progression est donc importante, l’enjeu ne se limite pas au porte-monnaie des touristes. « D’après une étude ministérielle basée sur de nombreuses hypothèses, il suffirait que nous passions demain de 2 à 10 millions de visiteurs étrangers profitant de ce système, avec un panier moyen plus modeste de l’ordre de 1 000 euros, pour que la consommation touristique internationale détaxée passe en France de 7 à 14 milliards d’euros », rapporte SkipTax.

La détaxe en un clic

Alors les trois cofondateurs de la jeune pousse, avec chacun à leur actif un sérieux parcours d’entrepreneur dans le digital, ont décidé de créer l’application SkipTax. Concrètement, comment fonctionne-t-elle ? Certifiée par les Douanes françaises en 2020, l’application centralise les achats détaxés. Le système repose sur un système de QR code qui permet d’obtenir un seul bordereau digital pour tout type d’achat dans tous les magasins en France. Après avoir téléchargé (gratuitement) l’application, le voyageur étranger scanne sa facture à chaque achat. À la fin du séjour, un clic suffit pour produire en quelques minutes son bordereau officiel de détaxe digitalisé, assure l’entreprise. Le visiteur le scanne ensuite sur l’une des bornes officielles Pablo disponibles dans les aéroports et gares françaises. Cette opération déclenche automatiquement la demande de remboursement, qui est versé sur le compte bancaire dans les 72 heures suivant la validation de la déclaration, contre 3 mois en moyenne aujourd’hui, indique skipTax. 

Du côté des commerçants, l’application est également gratuite, et plusieurs solutions peuvent coexister. « J’ai décidé d’opter pour deux solutions, témoigne Jérôme Pont, qui dirige Calais Vins. Nous avons recours à un acteur historique, Global Blue, et nous avons aussi été séduits par SkipTax car c’est facile à utiliser, ils ont simplement digitalisé et mis entre les mains du client le service. Avec une solution comme celle-ci, je m’adresse à la génération à venir, qui est née avec un portable dans les mains. Et c’est moins de formalités pour nous aussi. »

SkipTax se rémunère en prélevant 20% du montant de la TVA remboursée. « Le bénéficiaire récupère ainsi une détaxe de 80 % contre 40 à 60 % seulement lorsqu’il s’adresse aux opérateurs historiques », affirme SkipTax.

De vives ambitions

Forcément, la période aurait pu être plus favorable pour se lancer. L’application était fin prête au moment où les frontières se sont fermées. Pour l’heure, des clientèles essentielles manquent encore à l’appel. Mais la levée progressive des restrictions sur certains pays devrait permettre à la start-up de prendre son envol. D’autant qu’avec le Brexit, les habitants du Royaume-Uni sont désormais éligibles à la détaxe, ce qui ouvre aussi de nouvelles opportunités.

Reste que pendant la pandémie les acteurs historiques ne sont pas non plus restés inactifs. Ainsi que le rapporte un article des Echos, en mai dernier, Planet a ouvert son capital au fonds américain Advent avec l’ambition de tripler de taille d’ici quatre ans. Des ambitions qui en disent long sur l’intérêt que peut susciter ce marché. Et la bataille s’annonce rude pour (re)conquérir les millennials, qui sont en France les principaux moteurs de la détaxe touristique.

*Hors UE, Brexit et enfants de moins de 16 ans.

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