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5 choses à savoir sur le business de la détaxe touristique

Le shopping, sujet futile ? Absolument pas ! Les emplettes des touristes étrangers font même l’objet de toutes les attentions de la part de la destination France. L’opérateur de détaxe Global Blue a détaillé pour L’Echo, chiffres à l’appui, les liens étroits entre shopping et attractivité touristique.

La détaxe, comment ça marche ?

Ce système permet aux voyageurs étrangers, qui ne sont pas issus d’un pays de l’Union européenne, d’être remboursés d’une bonne part de la TVA sur leurs achats exportables, lorsqu’ils quittent l’Union européenne. Concrètement, un bordereau est émis par les opérateurs de détaxe lors de l’achat en boutique, bordereau ensuite validé par les Douanes françaises. Le remboursement peut ensuite être perçu en espèces, à hauteur maximum de 1000 euros (37% des touristes), soit par d’autres moyens – cartes de crédit, chèques, virement… – pour 63% des touristes. Ces opérations sont réalisés par des intermédiaires qui se rémunèrent en prenant un commissionnement. Au niveau mondial, le marché se répartit essentiellement entre Global Blue, qui annonce en détenir 70%, et Premier Tax Free (Planet Eurazeo).

Un cadeau pas si désintéressé…

Evalué en France à un milliard d’euros par an, selon des chiffres fournis par Global Blue*, ce “cadeau fiscal” n’est pas désintéressé : le shopping est un fort levier d’attractivité pour les destinations. D’après les chiffres fournis par l’opérateur de détaxe, le shopping représente la principale activité de 33% des touristes étrangers en France, et arrive en 2e place après les visites de sites culturels (51%). Bien sûr, le taux de change joue aussi, précise Yann Mortreux, le DG France de Global Blue. Quoi qu’il en soit, le shopping représente 25% des recettes du tourisme en France, et 44% des Chinois prennent en compte le shopping dans leur choix de destination. Un touriste international dépense en moyenne quatre fois plus qu’un client domestique. De quoi inciter le gouvernement, qui veut à la fois augmenter sa fréquentation touristique et en porter les recettes à 60 milliards d’euros, à prendre le sujet au sérieux…

Les Chinois, rois du shopping…

Les touristes qui consacrent le plus de budget au shopping sont les Chinois (33% des dépenses liées au shopping), les Russes (25%), les Japonais (24%) et les Américains (15%). Qu’achètent-ils ? De la mode et des accessoires (75%), des bijoux – montres et joaillerie (15%), de l’électronique (3%). Mais tous les touristes n’ont pas forcément le réflexe : seulement 36% des touristes issus d’un pays hors Union européenne éligibles ont recours à la détaxe en France. A savoir également : en France, les Millennials sont le principal moteur de la détaxe touristique, indique Global Blue. En 2017, ils représentaient 31% du nombre total de “Globe Shoppers”. C’est également la tranche d’âge qui enregistre la plus forte progression : +14% par rapport à 2016. Le tourisme n’a pas fini de les courtiser…

Du changement en vue

Annoncées lors du troisième Comité Interministériel du Tourisme, le 19 juillet dernier, de nouvelles mesures devraient être prises pour rendre la France plus attractive encore en matière de shopping. Car à l’heure actuelle, il existe des disparités selon les pays. Ainsi, en France, le montant minimum d’achat pour prétendre au remboursement de la TVA est plus élevé d’Europe. Il est de 175,01 euros, contre 154,95 euros en Italie, 50,01 euros en Belgique… et zéro euro au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne. Le gouvernement envisage donc de “baisser drastiquement” ce montant et de fluidifier les opérations de détaxe afin de rendre la destination plus attractive. Aucune échéance n’a toutefois été fixée pour l’heure.

C’est qui, ce Pablo ?

C’est le nom donné au système de détaxe électronique sur bornes tactiles mis en place par les douanes françaises, qui permet au voyageur de procéder lui-même au visa électronique de son bordereau, évitant ainsi de passer par la douane. Cette procédure est possible au départ de certains aéroports dont Roissy, Orly, Beauvais, Nice, Lyon, Marseille… Doucement, le secteur de la détaxe se digitalise. L’objectif serait notamment de rendre ces bornes interopérables au niveau européen, permettant ainsi au voyageurs de passer tous ses bons sur une même borne, quel que soit le pays d’achat, au moment de quitter l’Europe. Cette initiative pourrait voir le jour à l’horizon 2020, indique Yann Mortreux, qui précise que le secteur planche aussi sur la dématérialisation des bordereaux, sur mobile. Une démarche complexe, tant au niveau réglementaire que technologique.

*Tous les chiffres de cet article proviennent de Global Blue, qui, outre ses données, a compilé les donnée de l’étude Xerfi « Le marché de la détaxe (février 2017), l’étude CEBR « Comprendre la valeur de la détaxe en France » (octobre 2017).