Rio s’attaque enfin à l’insécurité
La ville brésilienne a tout pour séduire les touristes. Mais le problème de l’insécurité, trop longtemps négligé, nuit à son image. Les autorités prennent la situation en mains.
Le tourisme à Rio est en croissance exponentielle. Au début des années 90, la ville mythique n’accueillait pas plus de 500 000 visiteurs internationaux. En 2005, elle en comptabilisait 1,86 million. Elle a ainsi rattrapé et même légèrement dépassé son record de 2000. Pas encore connus, les chiffres de 2006 ne seront sans doute pas aussi roses, en raison de la faillite de la compagnie aérienne nationale Varig, qui a fait chuter la fréquentation du Brésil dans son ensemble de 5,5 %.
Mais 2007 s’annonce comme un bon cru. Le tourisme devrait repartir grâce à la reprise des vols de Varig, rachetée par la low cost Gol (elle reliera à nouveau Paris à São Paulo en novembre). De son côté, Tam a ajouté à son programme un vol quotidien Paris-Rio depuis janvier, une liaison hebdomadaire vers Recife, et proposera Salvador de Bahia dès août. Mais surtout, Rio accueille les Jeux panaméricains, une compétition sportive entre 42 pays des Amériques, du 13 au 29 juillet. Plus de 3 milliards de dollars ont été investis dans des infrastructures. Le parc hôtelier aussi s’améliore. Le Sofitel sera rénové, l’ex-Méridien va être converti en Iberostar, tandis que le légendaire Copacabana Palace s’offre un toilettage et un Spa. Enfin, le designer Philippe Starck doit ouvrir dans les prochains jours un boutique-hôtel sur la plage d’Ipanema.
Un voyage sous escorte
En France pourtant, la Ville du Corcovado continue à pâtir d’une mauvaise réputation. Il est vrai que son image de mégalopole dangereuse est entretenue régulièrement par des incidents. Le site du Quai d’Orsay évoque une vague de violences sans précédent en 2006. L’an dernier, au moins deux bus ont été attaqués par des gangs. L’un d’eux transportait des clients du TO Terra Nova qui rejoignaient les chutes d’Iguaçu. Un agresseur a menacé le chauffeur avec un revolver. Il a tiré deux coups de feu en l’air puis s’est enfui sans dévaliser personne. Une grande frayeur pour les clients, qui ont poursuivi le voyage avec un garde du corps, raconte Natacha Charlon, chef de produits. Avec 6 840 clients en 2005, Terra Nova est le premier voyagiste français au Brésil. Un autre bus, de touristes chinois cette fois, a été dévalisé à sa sortie de l’aéroport fin 2006. Quant aux vols sur les plages, ils restent fréquents, même si les hôtels ont mis en place des systèmes de surveillance.
Rio a enfin accepté de prendre le problème à bras-le-corps. Après avoir refusé de collaborer pendant 30 ans, les autorités locales et fédérales ont pris des mesures conjointes pour lutter contre le crime organisé. Une police touristique parcourt désormais la ville, témoigne Roberto Dultra, président de l’Organisme du tourisme réceptif brésilien (Bito). 30 000 policiers supplémentaires ont été déployés dans la ville. Ils ont réinvesti des zones délaissées, confirme Philip Carruthers, DG du Copacabana Palace. L’approche des Jeux panaméricains incite Rio à renforcer la sécurité, notamment aux abords de l’aéroport, ajoute Jeanine Pires, présidente de l’office national du tourisme (Embratur). Enfin, le gouvernement a multiplié les programmes sociaux visant à réduire les inégalités, premier facteur de violence.
Rassurés, les TO français se montrent en revanche plus inquiets sur les prix. Sur le plan de la sécurité, la situation s’est nettement améliorée, témoigne Jorge Partida, chez Nouvelles Frontières. Le véritable obstacle est le prix des vols, en forte hausse depuis la faillite de Varig. En 2006, le TO a fait voyager seulement 3 700 clients au Brésil contre 9 000 en 2005. Cette année-là, 263 829 Français avaient visité le pays.