Remplacés par des militaires à Nice, critiqués par Ryanair à Bruxelles : les contrôleurs aériens français font encore parler d’eux
Le maire de Nice, Christian Estrosi, veut demander à l’État de remplacer les contrôleurs aériens civils par des militaires à la suite d’erreurs et de retards. Pour la même raison, Ryanair est une nouvelle fois monté au créneau à Bruxelles cette semaine.
Suite à un incident aérien grave survenu le 21 septembre dernier à l’aéroport Nice-Côte d’Azur, Christian Estrosi, maire de Nice, veut demander à l’État de remplacer les contrôleurs aériens civils par des militaires.
Cet appel intervient après qu’un Airbus d’easyJet a frôlé un avion de NouvelAir engagé par erreur sur la même piste, obligeant ce dernier à remettre les gaz en urgence. L’incident, qualifié de « grave » par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), a déclenché une enquête approfondie pour comprendre comment une erreur aussi critique n’a pas été évitée par le contrôle aérien.
« Comportements inadmissibles » et « dérives »
En plein conseil municipal cette semaine, Christian Estrosi a dénoncé des comportements « inadmissibles » et des « dérives » des contrôleurs civils, qu’il juge responsables des retards répétés et des dysfonctionnements à Nice, deuxième aéroport français avec 14,7 millions de passagers en 2024. Le maire évoque un précédent américain, où Ronald Reagan avait fait appel aux militaires en 1981 lors d’une grève des contrôleurs, suggérant que la France pourrait s’inspirer de cette solution inédite.
La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) reconnaît « des difficultés opérationnelles » dues à des effectifs tendus et à l’indisponibilité temporaire de certains contrôleurs. Elle affirme que des ajustements sont en cours en lien avec les compagnies aériennes.
Ryanair dénonce une hausse spectaculaire des retards liés au contrôle aérien français
Parallèlement, Ryanair a aussi vivement critiqué la gestion du contrôle aérien en France dans un communiqué en date du 1ᵉʳ octobre. La direction de la compagnie à bas coût y souligne que plus de 10 millions de ses passagers ont subi des retards imputables au contrôle français depuis janvier 2025, soit une augmentation de 66% par rapport à 2024. La low cost irlandaise pointe une fois de plus le manque de personnel, les grèves récurrentes et une mauvaise gestion chronique. En septembre, un vol Ryanair sur quatre en France aurait ainsi connu des retards liés au contrôle aérien.
Ces chiffres, issus de données Eurocontrol, placent la France largement en tête des retards pour Ryanair, devant l’Espagne et l’Allemagne. La compagnie presse la Commission européenne de réagir pour une réforme urgente du contrôle aérien en Europe, dénonçant l’inaction de Bruxelles face à une situation qu’elle qualifie d’intenable.
Un nouveau préavis de grèves des contrôleurs français a été déposé du 7 au 9 octobre, annonçant de nouvelles perturbations potentielles.
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