Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Quand la crise des drones sème la pagaille dans le ciel européen

Les vols de drones, aux provenances incertaines, continuent de provoquer annulations et retards de vols dans le ciel du nord et de l’est de l’Europe, et compliquent la tâche des compagnies aériennes. Sans réelles solutions pour l’instant.

60 vols détournés affectant plus de 6000 passagers : l’aéroport de Munich a dû, sur deux journées consécutives en fin de semaine dernière, fermer ses pistes à la suite de survols de drones non identifiés. Tout comme Copenhague, Oslo, Kiel, Vilnius et d’autres aéroports du nord et de l’est de l’Europe ces dernières semaines… Interruptions dans la gestion des vols commerciaux, fortes perturbations des chaînes logistiques liées au trafic aérien, stress pour les passagers : la « crise des drones » que subit l’Europe en cet automne 2025 vire au casse-tête pour les gestionnaires d’aéroports et pour les compagnies aériennes. 

Depuis l’été 2025, au moins 47 incidents impliquant des drones ont été recensés dans plusieurs pays européens membres de l’Otan, dont la moitié en Pologne, et aussi en Allemagne, Danemark, Norvège, Belgique, Roumanie, Lituanie et Estonie. S’ils sont souvent liés par les autorités et les services de renseignement au conflit en Ukraine, ces survols restent pour la plupart non identifiés. 

La Russie pointée du doigt

Mais la Russie est « probablement » derrière ces récentes alertes, a déclaré dimanche 5 octobre le chancelier allemand Friedrich Merz tout en se joignant aux appels au calme de son gouvernement face à ces « tentatives de déstabilisation ». « Nous n’en sommes pas encore sûr, mais une partie essentielle de ces actions est probablement orchestrée par la Russie », a assuré Friedrich Merz en interview sur la chaîne publique ARD, en référence aux incidents de Munich et de l’aéroport de Copenhague fin septembre.

Mais peu importe leur origine, ces drones « sont une menace sérieuse pour notre sécurité », a ajouté le dirigeant allemand. En sommet à Copenhague, les membres de l’UE ont discuté de la construction d’un « mur antidrone », et surveiller étroitement la « flotte fantôme russe » stationnée dans la mer Baltique et suspectée d’être impliquée dans ces incursions. 

Si aucun drone armé n’a encore été impliqué, les autorités européennes parlant plutôt de « tentatives d’espionnage de déstabilisation », la situation met en lumière la vulnérabilité des infrastructures aéroportuaires du continent, mais également une absence de solution.

Révision des lois de sécurité aérienne

Car la réponse européenne à cette menace reste embryonnaire. Outre le projet d’un « mur » antidrone, est envisagée une révision des lois de sécurité aérienne et sur la défense de l’espace aérien civil, notamment en Allemagne. La police est en général la seule autorité habilitée à intervenir contre ces drones, l’armée ne pouvant pas abattre ces appareils. « Nous avons des moyens de réagir », a indiqué le ministre de la Défense allemand dans une interview au journal Handelsblatt, « même si nous n’avons pas encore toutes les capacités que nous souhaiterions pour les combattre ».

Malgré son intervention à Munich, « la Bundeswehr [l’armée allemande, ndlr] ne peut pas être présente partout en Allemagne où apparaissent des drones pour les abattre », a averti le ministre. Il est « beaucoup plus décisif », selon lui, de donner plus de compétences à la police régionale et aux infrastructures critiques comme les centrales électriques et les aéroports pour « agir [contre les drones], jusqu’à une certaine altitude ».
Mercredi 8 octobre, le gouvernement allemand entame une révision des lois régissant la sécurité aérienne du pays. L’objectif serait de permettre à l’armée allemande d’abattre les drones. 

À lire aussi : 

- Publicité -

Laisser votre commentaire (qui sera publié après modération)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dans la même rubrique
Eventiz from Travelsoft