Patrice Caradec : « Ne pas prendre la route en Tanzanie, mais certaines compagnies aériennes intérieures »
Pour le président du Syndicat des entreprises du tour-operating, les voyageurs peuvent désormais prendre des vols intérieurs dans certaines conditions, malgré le « travel ban ».
En dépit du succès de Zanzibar, la Tanzanie reste en souffrance cet hiver, selon les données du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto). Les ventes de forfaits reculent ainsi de 17%, pour les départs du 1er novembre 2025 au 30 avril 2026. La faute à l’ajout des compagnies aériennes du pays sur la liste noire de l’Union européenne.
Le Seto fait confiance à trois compagnies de vols intérieurs
Mais Patrice Caradec espère que la tendance va s’inverser, à la faveur des nouveaux conseils que le Seto formule auprès de ses adhérents.
Mandaté par des TO internationaux et des plateformes de voyage, l’organisme certificateur Bostonair a auditionné dix compagnies. Au regard de son étude sur la sécurité, le Seto estime que quatre compagnies font preuve de « normes de qualité optimales ». Il s’agit, sur les vols intérieurs, de Flightlink, Air Excel et Auricair. Et, pour les vols en montgolfière, de Miracle Air Service.
Une forte accidentologie sur les routes
Faute de prendre des vols intérieurs pour leurs clients, les voyagistes français prennent parfois la route pour rejoindre les étapes d’un safari. Or les routes sont « risquées », avec une forte « accidentologie », souligne Patrice Caradec, en se référant aux propos d’Anne Sophie Avé, ambassadrice de France en Tanzanie « Il faut déconseiller la route », martèle-t-il.
Les TO et les agences de voyages doivent néanmoins rappeler le cadre contraint global à leurs clients, soit l’ajout des compagnies tanzaniennes sur la liste noire de l’Union européenne. S’ils proposent un vol à bord de l’une des quatre compagnies recommandées par le syndicat, le voyageur reste naturellement en droit de le refuser. « Nous invitons aussi nos membres à bien vérifier les contours de leur assurance Responsabilité civile », ajoute Hervé Tilmont, directeur général du Seto.
Bonjour,
Je me permets de réagir à votre article« Ne pas prendre la route en Tanzanie, mais certaines compagnies aériennes intérieures », dont le contenu appelle, selon moi, des corrections et a minima une sérieuse contextualisation.
En tant que professionnel du tourisme et voyageur régulier en Tanzanie, je constate que l’article véhicule une vision excessivement alarmiste et largement déconnectée des réalités du terrain, en particulier concernant les déplacements routiers.
Affirmer de manière quasi générale qu’« il ne faut pas prendre la route en Tanzanie » est factuellement inexact et ne correspond ni aux pratiques professionnelles locales ni à l’expérience de la majorité des voyageurs.
La Tanzanie est une destination où l’immense majorité des safaris se déroulent par la route, y compris pour des clientèles internationales haut de gamme, encadrées par des guides-chauffeurs expérimentés, sur des itinéraires connus et utilisés quotidiennement (Northern Circuit : Manyara, Tarangire, Ngorongoro, Serengeti, etc.).
Présenter la route comme une option marginale ou à proscrire relève d’une simplification abusive.
Si les enjeux réglementaires européens et les contraintes assurantielles des tour-opérateurs méritent d’être exposés, ils ne peuvent justifier une généralisation qui entretient la confusion et donne une image erronée du pays et de ses pratiques touristiques.
Je considère qu’une mise à jour ou un correctif intégrant une réelle connaissance du terrain est nécessaire, afin de proposer à vos lecteurs une information plus équilibrée, précise et responsable.
Cordialement