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Nouvelles frontières, nouvelle stratégie, nouveau patron

Jean-Marc Siano, en désaccord stratégique avec la maison mère, cède la présidence du groupe Nouvelles Frontières à Pascal de Izaguirre. TUI Travel Plc pourrait profiter de cette occasion pour revoir l’organisation de ses filiales françaises.

TUI Travel Plc., maison mère de Nouvelles Frontières, Marmara et Tourinter/Aventuria, ne veut-il plus voir qu’une seule tête en France ? C’est l’une des explications possibles au départ surprise de Jean-Marc Siano de son poste de président du directoire du groupe NF, intervenue le 9 mai dernier. C’est par un communiqué lapidaire que l’on a appris, en début de semaine, que le dirigeant de la filiale française du numéro un mondial du tourisme était écarté, pour « divergences de vue ». Il est remplacé par Pascal de Izaguirre, directeur général de Corsairfly depuis juin 2010, celui-là même qu’il avait appelé à ses côtés pour le seconder et oeuvrer au redressement stratégique de la compagnie maison.

UNE RÉORGANISATION D’ENVERGURE ?

Le bilan de Jean-Marc Siano, entré chez NF en 2002 comme directeur du tour-opérating avant de prendre la présidence du directoire en 2006, n’est apparemment pas en cause. Les résultats de l’exercice 2010, quoiqu’encore largement déficitaire, étaient plutôt encourageants. Le retour à la rentabilité de Corsairfly, renflouée à hauteur de 286 ME et transformée en une compagnie régulière long-courrier tournée vers le loisirs, était planifié et validé par l’actionnaire dans le cadre du plan Take Off 2012, tandis que l’activité tour-opérating renouait enfin avec les profits, à +3,9ME de résultat opérationnel. Le fleuve ne s’annonçait pas tranquille, mais les rameurs étaient bien calés. Les remous sont arrivés plus vite que prévu.

Le premier semestre 2011 perturbé par le printemps arabe, particulièrement sur le marché français, a-t-il précipité la réflexion de TUI Travel sur une nécessaire nouvelle donne, ou l’évolution était-elle prévue de longue date ? Le calendrier, en tout cas, n’est pas neutre pour des changements qui annoncent peut-être une réorganisation de grande ampleur. TUI Travel envisagerait de rassembler ses marques sur le marché français dans une structure unique. Elle serait chapeautée par un seul dirigeant, en l’occurrence Pascal de Izaguirre, qui aurait accepté la feuille de route… contrairement à Jean-Marc Siano. Le groupe TUI Travel ne fait aucun commentaire sur cette éventualité, sans toutefois démentir (lire ci-contre). Sans qu’une fusion juridique soit envisagée, ce serait ainsi une vraie révolution pour le management des trois entreprises, avec une priorité : développer, encore plus, les synergies. Celles-ci avaient déjà été encouragées en 2007, lors de la fusion des groupes TUI et First Choice qui mettait dans le même bateau Nouvelles Frontières, filiale du premier, et Marmara et Tourinter, filiales du second. TUI Travel avait accepté l’autonomie de Marmara vis-à-vis de NF, s’en tenant à un statu quo pragmatique, avec cependant un animateur au niveau européen, Bart Brackx, directeur de la division Europe de l’Ouest, auquel reportent les trois filiales françaises, dorénavant dans la division Mainstream. « Nous sommes une entreprise avec ses modes de fonctionnement propres », rappelait Florian Vighier, directeur de Marmara, en janvier 2010 (L’Écho touristique n°2926), à propos de la cohabitation avec les autres marques du groupe. « Notre actionnaire a bien compris, poursuivait-il, qu’intégrer Marmara dans un ensemble, ce serait notre mort […] Il n’a pas intérêt à changer cela à partir du moment où l’engagement des 4 % est tenu. »

44 MILLIONS DE PERTE SEMESTRIELLE

En 2010, Marmara a rempli le contrat, avec une fois de plus des performances exceptionnelles : un résultat avant impôt de 23,61 ME (+ 8,9 %) pour un chiffre d’affaires de 591,5 ME. Mais 2011 sera évidemment moins glorieux avec trois destinations majeures – l’Égypte, la Tunisie et le Maroc – touchées de plein fouet. Au-delà de ce problème conjoncturel, qui engendre pour l’ensemble des filiales françaises une perte semestrielle de 44 ME (41 ME rien que pour Marmara et NF) au 30 avril, TUI Travel en profitera sans doute pour mettre fin à l’exception française. Au sein du groupe, la France est en effet le seul pays où le management n’est pas centralisé. « Le marché français est aussi celui qui concentre les plus gros foyers de perte, analyse un observateur. Il faut mettre en place une structure adéquate, qui, en développant les synergies, favorisera la rentabilité, celle-ci passant en premier lieu par la profitabilité de Corsairfly. »

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