Nice va davantage réguler les hébergements de type Airbnb
S’appuyant sur la loi récemment votée par le Parlement, Christian Estrosi, maire de Nice, souhaite réduire les locations touristiques de type Airbnb, et privilégier les projets hôteliers qui essaiment dans la ville.
« La loi qui vient d’être votée et qui donne davantage de pouvoir aux municipalités, nous allons l’appliquer à plein », indique le maire de Nice qui est aussi le président de la métropole Nice Côte d’Azur et de l’Office de tourisme métropolitain Nice Côte d’Azur. « Nous allons fixer des quotas, réduire ce type d’hébergement de 50% dans le Vieux Nice, car nous voulons regagner du locatif longue durée pour les actifs dont j’ai besoin », poursuit Christian Estrosi.
« Nous serons beaucoup plus sélectifs »
« En haute saison, il y a 15 000 offres en Airbnb, et à l’année nous sommes entre 8 000 et 10 000 annonces », selon Jean-Sébastien Martinez, directeur général de l’OT.
Alors que le nombre d’annonces sur la plate-forme d’hébergements a déjà baissé depuis deux ans (-8 000), Christian Estrosi estime que « la nouvelle législation entrée en vigueur il y a deux semaines nous permettra d’être beaucoup plus sélectif ». Et d’ajouter : « nous serons davantage vigilants avant d’accorder un permis de construire à un promoteur immobilier ».
Hôtellerie : +2,5% du taux d’occupation
Pour autant, selon l’élu, les meublés de tourisme n’affectent pas l’activité des hôteliers, « ils nous disent que la clientèle est là ». Pour preuve, depuis le début de l’année, le taux d’occupation établi à 78% (50% en 2008) est en moyenne supérieur de 2,5 points par rapport à 2023, considérée comme une très bonne année. Il est vrai aussi que la destination a été portée par des évènements d’envergure tels que l’arrivée du Tour de France, les Jeux olympiques ou la tenue de l’épreuve de triathlon Ironman.
En outre, le territoire a été boosté par l’ouverture de plusieurs lignes aériennes directes, notamment avec les Etats-Unis. « Ne serait-ce que sur New York, en haute saison, nous avons trois vols directs chaque jour. Nous sommes un véritable lieu de destination », proclame Christian Estrosi, adepte cependant « d’un tourisme choisi et non subi ».
Renouveau de l’offre hôtelière
Nice connaît une véritable transformation de son offre hôtelière, qui comprend 13 700 lits dans la métropole (dont 10 800 dans la ville de Nice). La rénovation d’enseignes emblématiques comme le Negresco côtoie l’arrivée de nouvelles marques internationales et de concepts innovants. Allant du 3* au 5*, ces investissements ciblent non seulement la clientèle haut de gamme, mais aussi les voyageurs d’affaires, les familles et les jeunes générations (Mama Shelter, Couvent de la Visitation par Perseus et bientôt Victoria par Maison Albar). « Entre décembre 2023 et aujourd’hui, nous recensons l’ajout de 1 200 chambres » créées ou rénovées, déclare Jean-Sébastien Martinez.
« Les investissements dans l’hôtellerie répondent à une forte demande locale et internationale. Ils constituent un levier essentiel pour dynamiser l’économie touristique tout en contribuant à l’image de Nice Côte d’Azur en tant que destination de choix », résume pour sa part Rudy Salles, président délégué de l’Office du Tourisme Métropolitain Nice Côte d’Azur.
« Nous voulons un tourisme hivernal »
Nice qui a fait son entrée en 2021 au patrimoine mondial de l’Unesco veut aussi étaler son tourisme sur les quatre saisons, notamment en hiver. « Nous voulons un tourisme hivernal qui prolonge ce que faisait le gotha européen au XIXème siècle », indique Christian Estrosi voulant ainsi passer sur cette saison « d’un taux de remplissage de 70% à 75% ». Pour ce faire, une campagne de communication d’envergure sur les marchés clés (France, Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Scandinavie, Suisse, Belgique et Italie) ainsi que des événements doivent optimiser la répartition des flux.
Nice Côte d’Azur se positionne comme la première destination touristique française, après Paris, avec 10 millions de visiteurs chaque année.
