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Malgré des pertes abyssales, Uber vise une entrée en Bourse historique

N’est-ce pas le signe d’une énorme bulle ? Le groupe américain roule vers 120 milliards de dollars de valorisation, soit la plus grosse entrée en Bourse du secteur technologique…

Les banques d’affaires Goldman Sachs et Morgan Stanley, pressenties pour être les principales conseillères dans cette opération, ont présenté à Uber des propositions de valorisation, dont l’une des plus optimistes évoque 120 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon le Wall Street Journal.

Uber compte bien réaliser l’an prochain la plus grosse entrée en Bourse du secteur technologique, à plus de 100 milliards de dollars. Cette opération très attendue, évoquée par le patron Dara Khosrowshahi dès son arrivée fin août 2017, pourrait avoir lieu au premier semestre de l’année prochaine, soit plus tôt que prévu, d’après des sources proches du dossier, selon lesquelles les investisseurs se bousculent au portillon.

Un pari sur l’avenir

Une entrée en Bourse d’une telle ampleur reflèterait la confiance des investisseurs pour Dara Khosrowshahi, nommé pour succéder au sulfureux fondateur Travis Kalanick, poussé vers la sortie par des investisseurs puissants et inquiets des scandales. Sur sa feuille de route : redorer l’image d’Uber et assainir les finances d’un groupe qui a encore perdu 891 millions de dollars au deuxième trimestre.

Pourquoi les investisseurs restent-ils confiants ? La croissance les rassure. Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a grimpé de 63% à 2,8 milliards de dollars tandis que les réservations, qui mesurent la demande, se sont envolées de 41% à 12 milliards. De façon générale, le secteur attire les investisseurs car il « devrait être multiplié par huit pour atteindre 285 milliards de dollars en 2030 », estimait l’an dernier une étude de Goldman Sachs. Autre attrait majeur : le pari de la voiture autonome, vue comme l’avenir de l’automobile, sur laquelle travaille notamment Uber, dont les chauffeurs représentent un poste important de dépenses. Sauf que la division voiture autonome d’Uber tourne au ralenti depuis un accident mortel en mars en Arizona… Et Dara Khosrowshahi a encore du pain sur la planche, pour régler notamment des conflits récurrents avec les régulateurs des transports de plusieurs pays, des soupçons de corruption de responsables étrangers, d’utilisation de logiciels illégaux ou encore d’accusations de discriminations salariales fondées sur le sexe.

Comme GM, Ford et Fiat Chrysler réunis

A plus de 100 milliards de dollars, le groupe basé à San Francisco ferait l’objet de la plus grosse introduction en Bourse jamais enregistrée dans le secteur technologique. Et Uber vaudrait alors autant que General Motors, Ford et Fiat Chrysler Automobiles N.V. réunis, soit les trois premiers constructeurs automobiles américains.

Au dernier comptage en septembre, Uber était valorisé à 72 milliards de dollars, après un investissement de 500 millions de dollars du constructeur japonais Toyota, quand Amadeus est valorisé 32 milliards d’euros (et Sabre 6,6 milliards). Le montant est donc en passe de doubler. Est-ce bien raisonnable ?

Le principal concurrent d’Uber en Amérique du Nord, Lyft, préparerait également une entrée en Bourse pour 2019, mais de plus petite ampleur, aux alentours de 15,1 milliards de dollars.

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