Les clients poussent à nouveau la porte des agences
Hiver qui pleure, printemps-été qui rit ? Voyagistes et agences ne crient pas encore victoire mais après les mois de novembre et décembre catastrophiques, l’activité a retrouvé du tonus depuis la mi-janvier.
Feu de paille ou reprise durable ? Depuis la mi-janvier, les clients recommencent à pousser la porte des agences. Pour prendre des renseignements, mais aussi pour réserver leurs vacances d’été, voire partir en dernière minute en cet hiver frisquet. Nous avons davantage de visibilité, de confiance dans l’avenir, se rassure Isabelle Cordier-Archer, directrice générale de Voyages Carrefour qui, après avoir anticipé une mauvaise année 2006, vient finalement de rouvrir le robinet des embauches.
De nombreux TO, pour ne pas avoir anticipé cette reprise, se trouvent d’ailleurs en situation de surchauffe. Certains services de réservation sont devenus très difficilement joignables, avec des temps d’attente dépassant parfois les 20 minutes. Tourinter a ainsi dû réaliser plusieurs embauches en catastrophe, pour porter son équipe de réservation à 28 personnes. Nous perdons chaque jour plusieurs centaines d’appels, regrette de son côté Véronique Pauli, Pdg du Groupe Pauli (Austro-EuroPauli et Visit France). De quoi mettre tout le monde sur le pont, et doubler le tarif des heures supplémentaires ! Le spécialiste de l’Autriche recueille plus particulièrement le succès de ses forfaits spéciaux pour l’année Mozart (les réservations vers l’Autriche sont en progression de 47 %) mais tous les autres axes sont à l’unisson, avec une activité soutenue.
Une confiance partagée
D’autres spécialistes affichent également une mine radieuse. Hélion de Villeneuve, directeur général d’Austral Lagons, confie enregistrer une progression de 50 % de son chiffre d’affaires, toutes destinations confondues, à l’exception notable de la Réunion, pour laquelle le TO ne réalise pratiquement plus aucune réservation. Constat similaire chez Tourinter, qui note heureusement que la tendance globale reste positive, à environ +10 %, pour le reste de ses ventes, avec des Antilles françaises qui retrouvent le moral (+28 %). Les Caraïbes de Marsans sont aussi en forme. Au global, le TO annonce depuis le début de l’année des départs en hausse de 12 % et des prises de commandes supérieures à la même période de l’an dernier.
Logiquement, les Maldives, pénalisées par le tsunami l’an dernier, sont à la fête partout. Kuoni affiche une progression de 10 % par rapport aux chiffres plus significatifs d’il y a deux ans. Avec la même confiance que nombre de ses confrères, le groupe Nouvelles Frontières constate qu’il a rattrapé une partie de son retard de l’hiver. Les réservations ne sont plus qu’à -3 % par rapport à la même période de l’an dernier, contre -7 % au 1er janvier. Le Mexique en particulier a repris du poil de la bête. Le Kenya fonctionne aussi très bien (Corsair ajoute d’ailleurs un vol pour cet été). Sa filiale TUI se comporte encore mieux, avec des semaines en progression de 50 %. Là aussi, la réservation est débordée, le site Internet professionnel du TO n’étant pas encore à la hauteur de ses espérances. Enfin, chez Look Voyages, qui n’avait pas accusé de trou d’air à l’automne contrairement à la plupart de ses confrères, la tendance est toujours très positive, avec des ventes en avance de 25 % en cumul depuis le 1er novembre.
Quelques points noirs
Il est vrai qu’en moyen-courrier, les valeurs sûres que sont la Sicile, la Sardaigne, l’Espagne ou la Grèce se portent bien, notamment chez Fram qui note une meilleure anticipation des réservations pour l’été même si, en cumul depuis le 1er novembre, le TO affiche encore un léger retrait. De même le Maroc et la Tunisie se maintiennent chez tous les opérateurs. Les gros points noirs restent toutefois l’Egypte et la Turquie. Chez STI Voyages comme chez Marmara, Fram ou Kuoni, le pays des Pharaons est toujours à la peine. Même si l’on constate une reprise dans le haut de gamme, nuance Pierre Banlin, directeur commercial de STI Voyages. Quant à la Turquie (à -85 % en janvier chez Marmara), elle remonte lentement la pente.
Chez les distributeurs, Olivier de Nicola, président du directoire de Thomas Cook, se veut encore très prudent, malgré une hausse des réservations de 16 % en janvier par rapport à 2005. Le réseau profite en particulier de ses campagnes de communication en cours sur ses TO maison, Thomas Cook et Nekermann. Cette dernière marque entame sa véritable percée en agences, affichant actuellement une croissance de ses ventes de 40 % et un décollage de sa distribution externe. Les réseaux tiers (Afat Voyages, Manor, indépendants…) représentent en effet 13 % des réservations, contre 6 % l’été dernier. Côté destinations, le réseau se félicite des résultats de l’Europe (Italie, Espagne, Croatie, Autriche…), tout comme du Maroc, de la Tunisie, de la République dominicaine et de l’île Maurice. Les Antilles font là encore un beau come-back. Tandis que les Etats-Unis sont évidemment en panne (la faute à la fameuse affaire des passeports !).
Patienter jusqu’à la mi-mars
La tendance est également bonne depuis la deuxième semaine de janvier chez Voyages Carrefour. Il est encore trop tôt pour dégager des tendances, estime toutefois Isabelle Cordier-Archer, qui se félicite néanmoins que le retard [ait] été rattrapé grâce à un niveau de croissance à deux chiffres depuis début 2006. L’opération conjointe réalisée avec Look Voyages en Sicile et en Crète a ainsi généré 2 500 clients en 15 jours. Et 700 clients ont déjà réservé un forfait dans l’Ouest américain, le dernier coup en date du réseau réalisé avec Brok’Air. Et ce malgré les problèmes de visa ! Aux Etats-Unis encore, son concurrent E.Leclerc Voyages a totalisé 1 200 passagers lors d’une opération spéciale réalisée en janvier. Au global, nous avons enregistré une progression de 13 % des prises de commandes en janvier, comparé à un mois de janvier 2005 qui était déjà excellent, se félicite Bernard Boisson, DG d’E.Leclerc Voyages. Sans surprise, la France, le Maroc, la Tunisie, la République dominicaine mais aussi les Antilles sont, là aussi, en forme.
Pour avoir confirmation de ces résultats encourageants, il faudra cependant patienter jusqu’à la mi-mars, lorsque toutes les vacances scolaires seront terminées. Février, qui est l’un des plus gros mois de l’année en termes de prises de réservations, avait bien démarré mais semble donner quelques signes d’essoufflement. A suivre donc… D’autant que les professionnels commencent à s’inquiéter des répercussions du Chikungunya à la Réunion, et maintenant sur l’île Maurice.
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